19 mai 2008
Compte rendu de la réunion SD du 18 Mai 08
COMPTE RENDU DE LA REUNION SOCIALISME ET DEMOCRATIE DU 18 MAI 2008 A PARIS XIIIème
Environ 150 personnes se pressaient dans l’amphitéatre réservé pour l’occasion, et une dizaine de journalistes…
A la tribune : Le Guen – Cambadelis – Sabban – Moscovici – Borgel (animateur) – Tasca -
La réunion est ouverte par Jean-Christophe Cambadélis qui annonce le triple objet de cette matinée :
- Faire le point sur le chemin parcouru depuis la dernière fois
- Définir une stratégie (contribution)
- Laisser ouvert le débat pour « peser » dans les décisions.
I / Le point sur la situation
Le congrès va se dérouler dans une ambiance sociale difficile (mouvement des enseignants, pouvoir d’achat, etc..) et face à des facteurs politiques parfois malsains (instrumentalisation de Besancenot, par ex) ; cela se fera en de multiples épisodes, le calendrier étant fixé depuis longtemps.
SD propose une démarche pour une nouvelle majorité de « rupture avec la rupture », rupture avec le « et » « et » de Hollande,
- Il faut : une majorité claire, une identité claire, et un délimitation à obtenir
- Il faut se rappeler l’histoire récente : lorsque DSK est parti, tout le monde a pensé qu’on était dans la m… ! Le Manifeste a été un succès, une force, mais a aussi montré des limites (il n’est pas allé assez loin dans le concret, par exemple)
- La « déclaration » du PS de ne doit pas être dénaturée ou banalisée, mais la discussion a tout de même été conduite, marquant le début d’un nouveau cycle, où personne n’a gagné
- La crise du PS est l’expression française de la crise du socialisme au niveau européen,
- Les messages en sont donc aujourd’hui les suivants :
o Un réformisme assumé
o Une référence au parti de toute la gauche
o Les Primaires comme moyen d’unir la gauche
II/ Où en est-on ?
Il y a eu une brusque accélération du débat au sein du PS visant à enfermer le PS dans un choix évitant le débat de fond. Les enjeux sont immenses, et l’on doit avoir une stratégie prudente :
- Si l’on engage le parti dans un débat de personnalités, on ratera le débat de fond (une nouvelle fois ?)
- Il semble donc important d’éviter la présidentialisation du PS (éviter que les militants soient exclus du débat politique pour que la phase des motions soit une occasion de discuter réellement)
- Notre objectif ne doit pas être la subordination à qui que ce soit, mais la discussion et la réflexion sur le fond
L’on ne veut d’allégeance :
- Ni à Ségolène (à cause de divergences majeures, elle veut transformer le parti en Mouvement, elle se réclame de la rénovation mais elle n’a pas de logique sauf face à Nicolas Sarkozy)
- Ni à Delanoë, même s’il y a moins de différences de pensée avec lui.
III/ Comment agir ?
- En se respectant les règles et le rythme du débat, en étant le « débouché politique » naturel
- En construisant un périmètre cohérent avec les amis de Montebourg et de Martine Aubry (si possible) et enfin travaillant avec la nouvelle majorité (d’abord avec B. Delanöe et aussi avec certains « constructeurs »)
- Evacuer les menaces (on ne veut plus recevoir des menaces pour les signatures !)
- Les « reconstructeurs » : il ne faut pas pousser les fabusiens dans la minorité, car on le paierait très cher. Il n’y aura pas de contribution avec Fabius ni de discussions prioritaires car
- Il faut des discussions « ni exclusives, ni inclusives, ni conclusives ».
- En conclusion, une identité dans un élargissement + un débat avec une nouvelle majorité et sans subordination, une majorité de rupture avec Hollande. Il n’est pas facile (remarque de JCC) de prendre la suite de DSK, mais JCC est relativement confiant…
IV/ Interventions de la salle
Alain R la question principale est que l’on a le choix entre :
- Soit faire un alignement sur une motion (pas seuls) mais alors on perdrait une partie importante de notre base
- Soit faire une motion avec des proches (Delanoë) mais quand ? Il faut composer avec lui, car il y a une très forte demande de leadership dans le parti…
Michel D : il y a une urgence à faire des choix (il explique pourquoi il a signé la contribution de Delanoë) face à la situation sociale dans le pays. On doit être une gauche réformiste et pour le leadership il faut différencier le candidat du secrétaire général. Il ne faut pas être « fermé ».
Jean-Paul (pas entendu le nom) : il y a des étapes importantes à passer avant l’été, le texte est encore insatisfaisant, il faut insister sur le mécanisme de « l’égalité réelle ».
Aucun des dispositifs n’est majoritaire et on le sait, il n’y a pas de divergence sur le fond mais une volonté de s’inscrire dans une période
Défendons ce que nous avons à défendre avec ceux qui sont le plus « politiquement compatibles « avec nous. Quelque soit le choix, on nous annonce un congrès d’une extrême violence ! Il n’y a pas de chef légitime.
Dominique : il faut créer un pôle réformiste et composer une majorité
Marisol : la question est de savoir comment préserver notre identité et notre histoire commune d’adhésion à un homme et à des idées.. De quoi avons-nous besoin ? D’un leadership fort, d’un présidentiable et d’un travail collectif. Or, Bertrand est très jospiniste !
- Un intervenant du 94 : il faut être en position en 2012 pour que DSK soit notre candidat
- Sandrine : il est difficile de discuter avec Bertrand, mais nous ne devons pas rater le « train des idées » et les exprimer dans une contribution, à ne pas signer tout seuls. Nous avons déjà dépassé les limites en signant avec Montebourg
- Bernard : on est tous d’accord sur deux choses : on pense tous que DSK est le meilleur pour 2012, mais on a un regret, on n’a pas su faire passer le débat sur l’égalité réelle notamment sur la gestion de l’état. Cela dit, il ne faut pas oublier Hollande !
- Alain B : notre démarche doit aboutir à une vraie direction. Nous sommes un courant rationnel mais personne ne domine.
- Frédéric (Drôme) : enthousiasme et incompréhension face aux amis de Fabius, mais ressent des troubles vis-à-vis de la démarche de certains. La figure de Jospin a laissé des traces notamment quand il a choisi de ne pas se prononcer aux primaires des élections présidentielles en faveur de qui que ce soit. Il faut donc continuer à travailler pour le collectif et rester unis le plus longtemps possible.
- Catherine : il est de nôtre intérêt de ne pas superposer les étapes (il faut bien jouer la première marche pour avoir le parti). Il reste peu de temps pour écouter les militants. Il ya du désarroi dans les fédérations et il faut y répondre –notamment en terme de leadership- . Il faut rester unis, être plus clairs avec les autres
- Caroline : la situation n’est pas claire, certains militants sont hostiles à l’alliance avec Arnaud (de Montebourg) et le parti doit avoir un vrai leader, qui assume son poste, pas adoubé d’office ! La question de l’alliance avec Delanoë se pose réellement. Aujourd’hui, on ne doit pas se faire d’illusions, on n’a pas la moitié des 20% fait par DSK ! On est minoritaire, et si on y va seuls, on sera ridiculisé (et on va perdre !)
- Jean-Marie : l’hiver n’a pas été excellent, mais si nous refaisons notre histoire, depuis l’Université de la Rochelle, nous sommes dans le sillage de DSK, ça doit être clair entre nous tous… Ne soyons pas naïfs face à Fabius ! Enfin, nous devons mettre en place une nouvelle génération.
- Pierre M: c’est le moment de décider. Ségolène R est sortie du bois, et BD a déjà mis son équipe en ordre de marche, évidemment, mais aussi Hollande l’a fait. Nous devons :
o dire ce que nous faisons
o se dire que nous comptons
o Nous pesons
o Nous avons mis des marqueurs forts et on est courtisé de partout
Nos idées autrefois réputées libérales (mais nous ne sommes plus des socio-libéraux comme on nous appelait à une certaine époque) sont aujourd’hui diffusées et acceptées partout.
Nous avons toujours connu des difficultés : refus d’un congrès de désignation tactique, un souhait de primaire, et aller vers un parti de la gauche. Comment imposer ce qu’on a fait ? Notre rapport à DSK est la fidélité, à son action mais nous devons aussi exister par nous-même.
Au stade actuel et suivant, nous avons trois choix :
- un ralliement à un présidentiable
- Signer avec les reconstructeurs
- Un pôle de rénovation et d’audace !
Le problème ne se pose pas pour la première hypothèse, le parti est trop divisé pour choisir son leader de façon floue et artificielle. On a une histoire et une culture communes.
On sait que si l’on se joint à BD on n’a aucune chance d’avoir plus tard la présidence. Il ne faut pas négliger les reconstructeurs et dépasser le clivage du « oui » et « non » (à l’Europe).
Nos idées sont simples : triptyque « identité, majorité, capacité à porter l’un des siens au poste de premier secrétaire ». (voir le document distribué).
La volonté de prouver un nouveau modèle de développement, un parti efficace, qui fonctionne collectivement. Avec qui ? par affectio societatis, autrement dit, la volonté de « faire ensemble ». Il ne faut signer qu’une seule contribution, sinon c’est un simulacre ! Il faut INCARNER et ne pas être des figurants, porter un espoir et des projets. La lutte SR/BD serait fatale. On doute trop de nous, il faut avoir confiance….
Caroline : se dit heureuse d’être venue, parle de sa fidélité à un homme et surtout à ses idées.
Laurent : l’enjeu stratégique est la défaite de Ségolène Royal. Sa personne est un problème pour le socialisme. Pour autant, doit-on fusionner avec Bertrand ? On a un autre objectif qui est d’amplifier le processus de rénovation idéologique.
Nous devons savoir que ce processus ne sera pas facilité par SR/BD, ce sera une guerre larvée entre les deux, et de plus BD ne nous apporte pas une garantie suffisante !
Nous sommes pour le retour de DSK, et nous savons que si BD est désigné le candidat il ne rendra pas la place ! Le temps perdu ne se rattrape pas, l’anti-fabiusisme est une erreur qui se paie. Il ne faut pas se trouver en position d’accepter le duel.
Une intervenante : nous ne sommes pas une écurie, mais d’abord un courant de pensée ! N’oublions pas BD n’a pas soutenu DSK lors des primaires ! Nous devons proposer un rassembleur, pas un « leader faible » ! Les parisiens sont allergiques à SR ! BD ne recherche pas le ralliement mais le captage, le débauchage, essentiellement dans nos troupes d’ailleurs mais pas seulement ! Au fait, qui a répondu au questionnaire envoyé par SR ?
Jean-Paul : l’important, c’est 2012. Ne nous leurrons pas : il faut préserver un parti rénovateur, et ne pas démolir entre les candidats potentiels. Il n’y a pas de majorité pour les deux gros « camions », il y a un refus de cet affrontement ! Il serait absurde de se priver de la culture de Fabius, il faut incarner le renouveau.
Maxime : souhaite avoir un candidat qui incarne nos idées et la lutte contre les inégalités et il faut arrêter de se saborder !!
Robert : nous avons des choix à faire, pour les deux années qui viennent car tout implique qu’on ait un parti en ordre de marche ! On ne peut pas attendre car SR grille les étapes ! Elle fait des offensives sur la base d’une confusion politique (faire penser qu’on créer un centre gauche avec un peu de centre et un peu de gauche) !
François : c’est bien de parler entre nous mais aussi il faut continuer après ! Attention à ceux qui ont accès aux medias et qui racontent n’importe quoi, il ne faut pas s’affaiblir les uns les autres. Le cap a été donné au déjeuner avec DSK, on a une « feuille de route » pour 2011. On doit donc gérer sans casse (il faut donc rester groupé). Se précipiter dans les bras de Delanoë serait un affaiblissement !
Une intervenante : Un congrès, c’est une dramaturgie, il faut jouer la pièce jusqu’au bout !
Un autre intervenant : BD sera-t-il réellement candidat ? SR idem ? Tout se jouera au 16 novembre.
Catherine (d’outremer) : constance dans notre mobilisation. Dans la gauche, « tout est possible, tout est faisable » (slogan repris par Sarkozy ensuite). Il faut supprimer les ambivalences. Tout le monde veut ratisser au plus large.
Un autre intervenant : estime qu’il faut donc oser la motion ! On est depuis trop longtemps dans un parti de « synthèses molles » !
Jacques(de Reims) : la leçon à tirer est que rien n’est joué d’avance ! Il ne faut pas se précipiter dans un affrontement ! Il faut aider à l’émergence de nouvelles générations.
RESUME
Une feuille de route claire, on garde notre identité, on ne se précipite pas ! On ira jusqu’à la motion en s’alliant tous ceux qui voudront bien discuter avec nous, mais on ne mélange pas les choses : un secrétaire est un secrétaire, et n’est pas forcément le présidentiable.
Il faut éviter la « guerre des chefs » qui affaiblirait le parti. Moscovici est notre candidat et personne ne veut de Ségolène !
VOTE DE L'APPEL DU 28 MAI
Le texte présenté, moyennant quelques (petites modifications proposées en séance), appelé "L'appel du 18 Mai" est voté à l'unanimité moins une voix.
Sylvie M.
Commentaires
le courant a du jus
j'ai fait mon propre CR ici:
http://sauce.over-blog.org/article-19174278.html
Bonjour
Ca fait toujours plaisir de rencontrer un autre blog SD.
Merci pour ce compte rendu détaillé.
Nous sommes ambitieux, c'est bien, même si ce ne sera pas facile. Beaucoup dépend du texte que nous présenterons, il peut permettre de dépasser le duel.
Amicalement
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