Le blog de la Gauche du Réel à Maisons-Alfort

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24 septembre 2008

Le mot de MOSCOVICI

Cher(e) camarade,

Comme tu le sais, j’ai finalement choisi de signer la motion conduite par Bertrand Delanoë. Cette décision était importante, pour le Congrès et pour la gauche. Elle fut, tu t’en doutes, difficile pour moi, dans tous les sens du terme. Elle a, je le sais, provoqué des interrogations, satisfait certains, déçu d’autres. Je veux aujourd’hui t’en expliquer les motifs.

Pendant près d’un an, j’ai développé, avec « Socialisme et démocratie » puis « Besoin de gauche », une certaine conception du Congrès qui vient, que je crois toujours juste. Ce Congrès m’inquiète. Notre parti est fragile, il est trop stérile, il n’avait pas besoin de divisions artificielles. Avec toi, j’ai plaidé pour que le Congrès de Reims soit celui de la remise au travail autour d’une cohérence réformiste, pour qu’on ne confonde pas la fonction de Premier secrétaire et une pré-désignation pour la campagne présidentielle. J’ai marqué la volonté que notre candidat(e) à la magistrature suprême soit désigné(e) par une primaire ouverte à tous les citoyens qui se reconnaissent dans nos idées. J’ai avancé des propositions, participé au débat avec force, lancé des appels à l’unité des réformistes. Nous avons, ensemble, argumenté autour de notre contribution, que je suis fier d’avoir porté et que je te remercie d’avoir appuyé. Elle a, je crois, recueilli la sympathie de beaucoup de militants, dont la confiance s’est tournée vers moi. Mais hélas, cette conviction, ces appels n’ont pas été entendus, et trois motions, issues de ce qui fut le bloc majoritaire du parti, se sont dessinées autour de Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. C’est dans ce contexte que j’ai dû prendre position, au terme d’une longue réflexion, complexe mais collective et sereine.

Tu l’imagines bien, mon choix préférentiel eût été de pouvoir présenter ma propre motion, la nôtre. C’était la cohérence, l’affirmation d’une identité, la meilleure façon de proposer à notre parti, qui en a tant besoin, une vraie rénovation. Beaucoup d’entre vous, la majorité sans doute, m’y ont poussé, je mesure et partage vos regrets. Finalement, je ne me suis pas engagé dans cette voie. Parce que trop de défections, dont certaines ont été minutieusement organisées au mépris de notre projet commun, avaient affaibli notre représentativité. Parce que certains amis, fidèles et précieux, ne se sentaient pas de prendre ce risque, qui ne m’effrayait pas, et espéraient un rassemblement plus large. Au total, j’ai estimé que cette stratégie aurait, dans ces conditions, amoindri notre cohésion, et donc notre audience, et contribué à la fragmentation, que je dénonçais, d’un parti fragilisé. Ayant constaté cela, j’ai donc envisagé une alliance.

Celle-ci n’était pas, selon moi, possible avec Martine Aubry. J’ai pour elle respect et affection, mais j’estime que l’attelage hétéroclite, presque contradictoire, qu’elle a formé n’est pas à même d’impulser le renouveau du Parti socialiste et de forger la social-démocratie du 21e siècle. Elle n’était pas non plus réalisable avec Ségolène Royal. Elle a toute sa place, éminente, dans le Parti. Elle a eu l’intelligence de retirer le préalable de sa candidature au poste de Premier secrétaire, après l’avoir hélas présentée la première, et m’a, en dernière minute, sous l’impulsion de la « Ligne claire », proposé d’être le premier signataire d’une motion commune. J’ai estimé, en conscience, que la culture politique qu’elle incarne, avec ses amis, n’était pas assez proche de celle que je représentais, avec les miens, et que ce rapprochement de dernière minute n’aurait pas contribué à la clarification indispensable. J’ai donc choisi d’avancer avec Bertrand Delanoë, au terme de contacts approfondis et sincères. Il m’a assuré vouloir travailler au renouveau du Parti socialiste, j’ai décidé de lui faire confiance. J’ai notamment insisté avec lui sur trois points. Il accepte le programme de travail et les conventions thématiques proposés par « Besoin de gauche ». Une convention nationale tranchera le mode de désignation de notre candidat à la présidentielle. Enfin, il m’a assuré que le soutien à son éventuelle accession au poste de Premier secrétaire ne valait pas adhésion à une perspective présidentielle. Il ne m’a demandé aucun ralliement, je garde sur ce point une totale liberté, et toi aussi.

Pourquoi ce choix, en définitive, alors que certains me font le reproche de prolonger ainsi le statu quo, en signant une motion où figure le Premier secrétaire sortant, François Hollande ? Parce que j’ai la conviction qu’il y a, dans cette famille où je retrouve beaucoup d’amis, un véritable effort de cohérence réformiste, de construction d’une gauche sociale, écologique, européenne. Parce que ce rassemblement peut, avec notre concours, constituer le pôle de stabilité dont le PS a besoin pour être crédible. En outre, j’ai la conviction que j’aurai les moyens politiques, au sein de cette motion, que je soutiendrai loyalement, de pouvoir continuer à porter, à incarner la volonté de rénovation de notre Parti, à laquelle je ne renonce pas.

Rénover notre parti, nos idées, nos pratiques, c’est ce que je veux continuer à faire dans les prochaines années. « Socialisme et démocratie » n’a pas résisté aux coups de boutoir de ceux qui ont confondu reconstruction et combinaison. Cette aventure-là est finie, j’en prends acte avec tristesse. « Rénover maintenant » a repris sa route. « Besoin de gauche » poursuit la sienne. Je te demande de m’accompagner dans ce chemin, en signant la motion à laquelle j’apporte mon concours, en la faisant gagner au Congrès de Reims. Avec toi, j’ai bien l’intention de contribuer à façonner l’avenir du PS et de la gauche. Tu peux compter sur ma détermination et ma fidélité.

Amicalement,

Pierre Moscovici

Posté par Melfi à 15:29 - Actualités nationales - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Non seulement Moscovici, choisi le Statu Quo en se ralliant à la motion Hollande Bis, (Sarko a maintenant un boulevard devant lui pour 2012), mais en plus ils omet sciemment de parler de la motion de Benoît Hamon dans sa déclaration
Hamon, 41 ans, est le seul espoir de vrai Gauche pour la jeunesse et le seul capable d’aller chasser sur les terres de BESANCENOT pour ramener l’électorat populaire au PS.
Bertrand a fait de très grandes choses pour Paris lors de son premier mandat, mais il est vraiment la figure de prou des Bobos Parisiens, tendance Gauche Caviar.
Benoît Hamon ne fait pas parti de ces vieux éléphants qui ne cherchent après tout qu’une place de premier opposant à Sarko.
Hamon a su de plus rallier des gens de qualité en la personne de Pierre Larrouturou, délégué national du PS à l'Europe, ( ex rocardien ) qui a reconnu ne pas être "d'accord sur tout" avec lui, mais partager le besoin de "répondre à la fois à l'urgence sociale et à l'urgence écologique".
Pierre Larrouturu est l’avocat de la semaine de travaille de 4 jours.
J’ai eu la chance à titre personnel que Pierre intervienne dans mon entreprise comme conseil auprès de mon syndicat lors de la négociation des accords ARTT.
Je profite aujourd’hui grâce à lui de cette semaine de 4 jours, qui même si elle présente des inconvénients (travail du Week End), est tellement avantageuse pour la création d’emploi et le confort de vie des salariés.
Pour ceux qui ne seraient pas convaincu je vous invite à lire le livre de Larrouturou :
« pour sortir du piège des 35h, la semaine de 4 jours. »
Edition la découverte.
http://www.decitre.fr/livres/POUR-LA-SEMAINE-DE-QUATRE-JOURS.aspx/9782707129611

Posté par Le Résistant, 24 septembre 2008 à 21:18

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