Le blog de la Gauche du Réel à Maisons-Alfort

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29 septembre 2008

DSK: "Mon plan pour l'économie mondiale"

Pendant que ses amis politiques se déchirent en France, Dominique Strauss-Kahn est totalement absorbé par sa fonction de directeur général du Fonds monétaire international. Qui plus est alors que le système financier américain est ébranlé par une grave crise. L'occasion pour DSK de livrer son diagnostic et de proposer les services du FMI comme régulateur du système.

Dominique Strauss-Kahn prône la régulation de la finance internationale. (Reuters)

Est-ce que la peur est le pire ennemi de l'économie, comme le dit Nicolas Sarkozy?
Le plus grand danger, c'est qu'on oublie la peur. Le risque, quand la crise financière sera maîtrisée, c'est qu'on revienne aux vieilles habitudes. Pour l'instant, on éteint l'incendie. C'est ce qu'il faut faire dans l'immédiat, et c'est ce que font les autorités américaines. Mais après, nous devrons tirer les conséquences de ce qui vient d'arriver: donc réglementer très précisément les institutions et les marchés financiers. C'est parce qu'il n'y avait ni règle, ni contrôle -ou pas assez de règles et de contrôles- que cette crise est née.

Comment avez-vous vécu cette crise? A un moment, avez-vous vu l'économie mondiale s'écrouler?
La dramatisation est trompeuse. Cela fait des mois que je savais à quel point le système financier était fragile. En avril dernier, le FMI avait publié ses conclusions sur la crise financière américaine. Le jour où j'ai reçu le rapport de mes services, j'ai été impressionné: nous estimions les pertes à 1000 milliards de dollars... mais seulement 200 avaient déjà été enregistrés. Donc il y avait encore 800 milliards de pertes à venir... Et nous étions un peu en dessous de la réalité!

Qu'avez vous fait à l'époque?
J'ai publié ces chiffres. Le FMI a joué son rôle. Nous avons dit que la crise financière provoquerait un ralentissement sensible de la croissance mondiale. Mais on n'a pas voulu nous entendre. On nous a reproché notre pessimisme. D'habitude, les prévisions du FMI sont des références. Là, le ralentissement net de la croissance était plus dur a accepter.

Auriez-vous dû crier plus fort?
On peut toujours se reprocher de ne pas avoir fait assez de bruit. Mais tout gouvernement a toujours tendance à refuser les obstacles, tant qu'il n'a pas le nez dessus. J'ai été ministre, je connais cela!

Nos gouvernements doivent préparer les populations à la récession?
Il y a un ralentissement sérieux et durable de la croissance mondiale. Ça va être difficile pour l'Europe et parfois plus dur encore dans certains pays pauvres, surtout ceux qui sont directement frappes par "l'autre crise", celle de prix des matières premières. Mais l'économie réelle ne s'effondre pas. Les monnaies ne basculent pas. Les banques centrales parviennent à gérer la crise financière.

Et ça peut tenir indéfiniment?
Non. C'est pour cela qu'il faut réformer. Jusqu'ici, on a résolu les problèmes à mesure qu'ils se présentaient. Maintenant, il faut les attaquer globalement. Ce sont les 700 milliards de dollars du plan Paulson. Ce plan est bienvenu, parce qu'il est global. Mais il doit être le premier acte d'une action politique internationale.

Mais les contribuables américains ne veulent pas payer pour les erreurs des financiers...
C'est compréhensible. En Europe, nous avons aussi eu ce débat sur la "socialisation des pertes et la privatisation des profits"... Les politiques injectent de l'argent public pour éviter que tout l'édifice financier s'écroule parce que c'est la stabilité de nos économies qui en depend. Mais ensuite, il faut réformer. Sinon, s'imposera l'idée du puits sans fond, de l'Etat qui vole au secours des managers incompétents et des spéculateurs cupides.

Donc il faut une réponse politique, pas seulement technique.
En l'occurrence, il n'y a pas de réponse financière qui ne soit politique. Mais s'il n'y a qu'un discours politique, c'est de l'incantation. Aujourd'hui, on admet que la crise vient de l'absence de régulation par la puissance publique. Le marché ne se suffit pas à lui-même. Le marché ne soigne pas le marché...

Nicolas Sarkozy parle de la fin "d'un capitalisme financier" qui avait "perverti" l'économie...
Cela montre le niveau de l'inquiétude générale. C'est la fin d'une période où l'on a cru que le marché suffisait à réguler l'activité financière. Cela n'a jamais été mon cas.

Avez-vous été choqué ces dernières années?
Trop souvent! Le système n'avait plus de sens. Pour maximiser leurs gains, des acteurs de la finance prenaient des risques inconsidérés. On multipliait des produits dont on ne maîtrisait pas les dangers; on avançait à l'aveugle, dans des transactions opaques... Aujourd'hui les tycoons de la finance reconnaissent en privé qu'ils ont été trop gourmands! Ça montre que la question des rémunérations n'est pas marginale: contrôlons les gains des financiers, on contrôlera aussi la finance. Mais ce n'est pas une question morale mais idéologique.

Idéologique?
L'idéologie dominante prônait la régulation des marchés par le seul marché. Les régulateurs -comme moi, si vous permettez- étaient minoritaires. Je pense que c'est terminé. L'idéologie de l'autorégulation est pulverisée par les faits. Les Etats, les puissances publiques reviennent. Partout. Pour sauver le système financier, on en vient à des solutions qui rappellent les nationalisations temporaires que je prônais en France, sous les lazzis: c'était du colbertisme! C'est devenu du simple bon sens.


Le social-démocrate exilé au FMI est devenu hégémonique...
Il n'y a aucun débat partisan ici. Des progressistes comme Lula ou Zapatero, mais aussi Nicolas Sarkozy, et les Chinois, et -vous verrez- les Américains, réclament ou réclameront une régulation.

Et qui va mener cette réforme?
Le Fonds monétaire international peut le faire. Les gouvernements de la
planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela. Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d'un bien public global: la stabilité financière, au service de l'économie. En 1944, ce qui menaçait, c'était l'anarchie monétaire. Aujourd'hui, il faut faire face, en plus, à l'anarchie financière: l'opacité, la cupidité, l'irresponsabilité d'un système qui s'est developpé sans rapport avec l'économie réelle... La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique.

Le FMI sera un gardien mondial des finances mondiales?
Il doit être le lieu de la discussion d'abord, de la décision ensuite. Sur l'analyse de la crise comme sur les normes qu'il faut adopter. On connaît les pistes: transparence des transactions et de l'évaluation des
actifs; contrôle des rémunérations; évaluation des risques, notamment pour les fonds d'investissement. De même les agences de notation doivent être supervisées. C'est un devoir pour les puissances publiques de définir, au niveau international, des rêgles universelles de fonctionnement des marchés financiers...

Une seule règle, un seul règlement? La même loi à Londres, à Tokyo, à New York?
Chaque pays votera ses propres lois. C'est le minimum indispensable de la légitimité démocratique! Mais les règles générales devront être universelles, parce que le système financier est globalisé...

Et qui fera appliquer ces rêgles? Le FMI?
La décision, entre les Etats, doit reposer sur le consensus. On peut avoir des autorités nationales ou régionales (comme l'Union Européenne, par exemple), mais il faut un garant global. Une institution qui vérifie que les normes -transparence, équité- sont appliquées partout. Le président brésilien Lula et les premiers ministres anglais et espagnols Brown et Zapatero, le ministre des finances allemand Steinbruck, viennent de souligner la nécessité d'un organisme international pour superviser les systèmes financiers. Cette idée va s'imposer.

C'est le "Bretton Woods" que réclame la France?
C'est un beau titre! A Bretton Woods,
en 1944, on a traité de la guerre des monnaies. Maintenant, on doit imposer l'ordre public aux banques et aux marchés financiers. Parce que nous rassemblons tous les pays, nous sommes capables de définir et de garantir le compromis et l'intérêt général. C'est ce dont le monde a le plus besoin. Longtemps, la Chine et les Etats-Unis ont refusé d'être soumis à nos missions d'évaluation de la stabilité financière. Cette année, ils viennent d'accepter! C'est un signe.

Vous êtes préoccupés par la situation française?

Comme citoyen, la France ne me quitte pas. Mais le Directeur du FMI, par tradition, ne s'exprime pas sur la situation économique de son pays. Les Etats-Unis sont passés du laisser-aller à l'interventionnisme en quelques jours.

Les Européens seraient-ils capables de réagir aussi vite en cas de crise majeure?
Aujourd'hui, non, faute d'un gouvernement économique européen. Les Etats-Unis sont un pays. L'Europe est une construction.

Les Etats-Unis sont un pays qui n'est pas tenu par des normes budgétaires. L'Europe doit-elle assouplir ses règles, renoncer à ce que Nicolas Sarkozy qualifie de "religion"?
L'Europe a besoin de politique, de décision, de rapidité... Mais elle n'a pas besoin de désordre! S'abstraire de ses propres règles, alors qu'on a décidé de réguler le système financier international, ça serait curieux. S'il faut ajouter à l'anarchie financière le laisser-aller budgétaire, on jouera à l'envers. On ne va pas ajouter de l'endettement à l'endettement!

La mise au point de Pierre Moscovici

MISE AU POINT

Je pars tout à l’heure à Montbéliard jusqu’à dimanche, avec un immense plaisir. Ces derniers jours ont été pour moi longs et fatigants. Je les ai traversés avec calme, malgré le déchaînement des passions – rendez-vous compte, il y a eu sur ce blog plus de 65 000 visites la dernière semaine, week-end compris, avec un pic à 17 000 mardi ! – et la virulence de certains commentaires. Pourtant, je n’ai jamais cessé d’être serein. Parce que je savais que mon choix, attendu pour donner un sens à ce Congrès, serait pris en conscience, avec le sens de l’intérêt général du parti et pas en pensant à mon seul destin individuel, sans quoi j’aurais accepté la proposition de Ségolène Royal d’être le premier signataire – bien isolé – de sa motion. Parce que j’avais les idées claires, et bien en tête les paramètres rationnels de ma décision. J’éprouve maintenant l’envie de souffler quelques jours avant de partir en campagne pour faire en sorte que de ce Congrès compliqué émerge un maximum de clarté.
Avant cela, je veux faire ici une dernière mise au point à des amis égarés. J’ai supporté, avec stoïcisme, bien des avanies ces dernières semaines. Je me suis gardé, par scrupule, par éthique personnelle, de répondre à mes détracteurs avec les procédés – intoxication, désinformation, dénigrement – qui ont été utilisés à mon encontre pour parvenir à faire aboutir une cause improbable. Mais pour tourner une page politique et personnelle, il me faut mettre les points sur les i. Hier, j’ai été l’objet – à vrai dire je m’y attendais un peu – d’un double procès en légitimité de la part d’Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis. Arnaud m’a publiquement accusé de faire le « plus mauvais choix possible », en signant une « motion Hollande bis ». L’homme est attachant, séduisant, il a du panache. Mais le politique est parfois peu constant. C’est avec lui que j’avais co-signé la contribution « Besoin de gauche », que je souhaitais porter sa cohérence devant les militants, à ses côtés que j’avais été à Frangy fin août, puis sur Canal Plus début septembre, après l’intermède de La Rochelle. Il a toute mon affection – vraiment – mais j’ai aussi des regrets de ces virevoltes qui ne lui donnent ni prévisibilité, ni lisibilité : il a trop souvent varié pour que son jugement soit pris au sérieux désormais, et c’est dommage. Il devrait maintenant s’imposer une ascèse intellectuelle, une petite cure de réserve.
Jean-Christophe Cambadélis a porté dans la lettre de « Socialisme et démocratie », dont il se fait le dépositaire unipersonnel, une attaque plus politique. En signant avec Bertrand Delanoë j’aurais dévoilé une double rupture, avec SD et DSK, pour créer un nouveau courant portant mon nom, errement que Jean-Christophe avec sa légendaire clairvoyance, avait deviné depuis longtemps. Il y a, en si peu de mots, tant de contrevérités ! Ce type de raisonnement me laisse pantois, moi qui n’ai jamais eu une lecture conspirationniste de l’histoire. Revenons donc aux faits. Il n’y a pas de rupture entre DSK et moi, pas davantage qu’entre lui et tous ses amis, si nombreux, qui m’accompagnent dans mon choix. Il est plus qu’insidieux, presque insultant de l’écrire. Simplement, DSK est à Washington, Directeur général du FMI, il n’est pas acteur de ce Congrès, il est à la fois stupide et malhonnête de l’y mêler. Et je crois mieux porter les idées social-démocrates que nous partageons en signant une motion cohérente avec des réformistes qu’au sein de l’attelage bizarre, formé de « carpes et de lapins », que Jean-Christophe a tant travaillé à bâtir. Car sa stratégie, celle du « ni-ni » à tout prix, ni Bertrand, ni Ségolène, n’a pas besoin, elle, de dévoilement : elle ne s’embarrassait ni de la cohérence idéologique, ni du respect du vote des militants, il fallait qu’elle soit, tout simplement, coûte que coûte. Je ne voudrais pas, vraiment, que le nom de DSK soit associé à cela, ni à l’éventuel mauvais score – sait-on jamais ? – de cette motion : ce serait une double réduction. Comment par ailleurs oser parler ainsi des engagements de « Socialisme et démocratie », alors que les mandats qui m’ont été confiés ont toujours été bafoués, mes efforts sincères sapés au profit d’une option, celle des « reconstructeurs », que nous n’avons jamais collectivement adoptée ? Faut-il rappeler que l’alliance avec les amis de Laurent Fabius a toujours, officiellement, été considérée par nous comme seconde par rapport à Martine Aubry, à la « Ligne claire », à Bertrand Delanoë, et toujours, de facto, été première pour Jean-Christophe.
C’est pour cela, je l’ai dit, que l’aventure de « Socialisme et démocratie » est finie : tout a été fait pour en poignarder l’esprit, la philosophie, et ce club ne compte plus qu’un de ses fondateurs – Michel Rocard, Michel Sapin, Alain Bergounioux, Marisol Touraine, moi-même l’ont quitté, par force - sa lettre n’est qu’une coquille vide. C’est ailleurs qu’il faut désormais permettre l’expression sincère de notre sensibilité. C’est cela que je veux favoriser, avec « Besoin de gauche », faire vivre l’essence de notre contribution à travers un espace de débat et non – mensonge supplémentaire – créer un nouveau courant à l’heure où je signe une motion de rassemblement. Il est triste, vraiment, de voir un esprit aussi subtil se perdre ainsi dans de vieilles méthodes. Au revoir, mon ami. Il n’y a pas, en effet, de rupture définitive dans l’affection. Mais, vraiment, sur le terrain politique et éthique, nous n’avons plus grand-chose en commun, et je ne regrette pas cet éloignement. Jean-Christophe commence son propos par une citation qu’il prête à tort à François Mitterrand, et qu’il faut en réalité attribuer au Cardinal de Retz. Pour ma part, je me retourne, comme souvent, vers Jaurès : « il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l’avenir ». Maintenant, ça suffit, parlons d’autre chose.

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24 septembre 2008

Le mot de MOSCOVICI

Cher(e) camarade,

Comme tu le sais, j’ai finalement choisi de signer la motion conduite par Bertrand Delanoë. Cette décision était importante, pour le Congrès et pour la gauche. Elle fut, tu t’en doutes, difficile pour moi, dans tous les sens du terme. Elle a, je le sais, provoqué des interrogations, satisfait certains, déçu d’autres. Je veux aujourd’hui t’en expliquer les motifs.

Pendant près d’un an, j’ai développé, avec « Socialisme et démocratie » puis « Besoin de gauche », une certaine conception du Congrès qui vient, que je crois toujours juste. Ce Congrès m’inquiète. Notre parti est fragile, il est trop stérile, il n’avait pas besoin de divisions artificielles. Avec toi, j’ai plaidé pour que le Congrès de Reims soit celui de la remise au travail autour d’une cohérence réformiste, pour qu’on ne confonde pas la fonction de Premier secrétaire et une pré-désignation pour la campagne présidentielle. J’ai marqué la volonté que notre candidat(e) à la magistrature suprême soit désigné(e) par une primaire ouverte à tous les citoyens qui se reconnaissent dans nos idées. J’ai avancé des propositions, participé au débat avec force, lancé des appels à l’unité des réformistes. Nous avons, ensemble, argumenté autour de notre contribution, que je suis fier d’avoir porté et que je te remercie d’avoir appuyé. Elle a, je crois, recueilli la sympathie de beaucoup de militants, dont la confiance s’est tournée vers moi. Mais hélas, cette conviction, ces appels n’ont pas été entendus, et trois motions, issues de ce qui fut le bloc majoritaire du parti, se sont dessinées autour de Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal. C’est dans ce contexte que j’ai dû prendre position, au terme d’une longue réflexion, complexe mais collective et sereine.

Tu l’imagines bien, mon choix préférentiel eût été de pouvoir présenter ma propre motion, la nôtre. C’était la cohérence, l’affirmation d’une identité, la meilleure façon de proposer à notre parti, qui en a tant besoin, une vraie rénovation. Beaucoup d’entre vous, la majorité sans doute, m’y ont poussé, je mesure et partage vos regrets. Finalement, je ne me suis pas engagé dans cette voie. Parce que trop de défections, dont certaines ont été minutieusement organisées au mépris de notre projet commun, avaient affaibli notre représentativité. Parce que certains amis, fidèles et précieux, ne se sentaient pas de prendre ce risque, qui ne m’effrayait pas, et espéraient un rassemblement plus large. Au total, j’ai estimé que cette stratégie aurait, dans ces conditions, amoindri notre cohésion, et donc notre audience, et contribué à la fragmentation, que je dénonçais, d’un parti fragilisé. Ayant constaté cela, j’ai donc envisagé une alliance.

Celle-ci n’était pas, selon moi, possible avec Martine Aubry. J’ai pour elle respect et affection, mais j’estime que l’attelage hétéroclite, presque contradictoire, qu’elle a formé n’est pas à même d’impulser le renouveau du Parti socialiste et de forger la social-démocratie du 21e siècle. Elle n’était pas non plus réalisable avec Ségolène Royal. Elle a toute sa place, éminente, dans le Parti. Elle a eu l’intelligence de retirer le préalable de sa candidature au poste de Premier secrétaire, après l’avoir hélas présentée la première, et m’a, en dernière minute, sous l’impulsion de la « Ligne claire », proposé d’être le premier signataire d’une motion commune. J’ai estimé, en conscience, que la culture politique qu’elle incarne, avec ses amis, n’était pas assez proche de celle que je représentais, avec les miens, et que ce rapprochement de dernière minute n’aurait pas contribué à la clarification indispensable. J’ai donc choisi d’avancer avec Bertrand Delanoë, au terme de contacts approfondis et sincères. Il m’a assuré vouloir travailler au renouveau du Parti socialiste, j’ai décidé de lui faire confiance. J’ai notamment insisté avec lui sur trois points. Il accepte le programme de travail et les conventions thématiques proposés par « Besoin de gauche ». Une convention nationale tranchera le mode de désignation de notre candidat à la présidentielle. Enfin, il m’a assuré que le soutien à son éventuelle accession au poste de Premier secrétaire ne valait pas adhésion à une perspective présidentielle. Il ne m’a demandé aucun ralliement, je garde sur ce point une totale liberté, et toi aussi.

Pourquoi ce choix, en définitive, alors que certains me font le reproche de prolonger ainsi le statu quo, en signant une motion où figure le Premier secrétaire sortant, François Hollande ? Parce que j’ai la conviction qu’il y a, dans cette famille où je retrouve beaucoup d’amis, un véritable effort de cohérence réformiste, de construction d’une gauche sociale, écologique, européenne. Parce que ce rassemblement peut, avec notre concours, constituer le pôle de stabilité dont le PS a besoin pour être crédible. En outre, j’ai la conviction que j’aurai les moyens politiques, au sein de cette motion, que je soutiendrai loyalement, de pouvoir continuer à porter, à incarner la volonté de rénovation de notre Parti, à laquelle je ne renonce pas.

Rénover notre parti, nos idées, nos pratiques, c’est ce que je veux continuer à faire dans les prochaines années. « Socialisme et démocratie » n’a pas résisté aux coups de boutoir de ceux qui ont confondu reconstruction et combinaison. Cette aventure-là est finie, j’en prends acte avec tristesse. « Rénover maintenant » a repris sa route. « Besoin de gauche » poursuit la sienne. Je te demande de m’accompagner dans ce chemin, en signant la motion à laquelle j’apporte mon concours, en la faisant gagner au Congrès de Reims. Avec toi, j’ai bien l’intention de contribuer à façonner l’avenir du PS et de la gauche. Tu peux compter sur ma détermination et ma fidélité.

Amicalement,

Pierre Moscovici

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23 septembre 2008

Finalement, ce sera Bertrand !

A moins d'une heure de la réunion du Conseil national du Parti socialiste, mardi 23 septembre, Pierre Moscovici a finalement levé le suspense sur sa stratégie. "Mon choix, c'est d'avancer dans ce congrès [de Reims, en novembre] avec Bertrand Delanoë", a annoncé l'ancien ministre.

Comme il l'indiquait encore vendredi sur son blog, le candidat depuis plusieurs mois au poste de premier secrétaire du parti aura hésité jusqu'au bout entre déposer sa propre motion ou se rallier à un autre socialiste. Il a finalement choisi la motion du maire de Paris, soutenue par François Hollande, qui sera en compétition avec celles de Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon.

Les tractations se sont poursuivies jusqu'à la dernière minute : le député du Doubs a annulé une conférence de presse prévue à midi, à l'issue d'une rencontre avec Bertrand Delanoë. Et n'a clarifié ses intentions que quelques minutes avant l'ouverture d'une première réunion, celle de la "commission des résolutions" du PS chargée de comptabiliser les motions, textes politiques sur lesquels voteront les militants. Cette réunion doit être suivie à 17 heures du Conseil national ["parlement" du parti, 300 personnes] d'enregistrement des différentes motions. Les orateurs de chaque motion présenteront pendant quinze minutes leur projet, en vue du 75e Congrès socialiste, du 14 au 16 novembre à Reims. (source: Le Monde.fr)

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Je ne connais pas grand chose aux luttes d'appareil (quoique j'aie eu à les subir il y a peu et que j'en garde un souvenir cuisant) mais je pense que c'est dommage que Pierre ne soit pas allé jusqu'à la motion, car il est le seul à avoir des idées et à pouvoir rassembler des personnalités qui ne pensent qu'à elles et à leur carrière.

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22 septembre 2008

Le sénat plus à gauche et plus féminisé

Mieux que prévu pour la gauche. Malgré un mode de scrutin plutôt favorable à la droite, les élections sénatoriales, dimanche 21 septembre, ont donné des couleurs au Parti socialiste et à ses alliés de gauche au Sénat. Selon les premiers résultats, le groupe PS gagnerait une vingtaine de sièges et le Parti communiste un nouveau siège. Cette poussée, qui reflète les victoires socialistes aux municipales et aux cantonales en mars, ne devrait pas permettre à la gauche d'emporter une majorité au Sénat. Mais pourrait déstabiliser le groupe UMP, qui avait déjà perdu la majorité en 2004, et qui devra s'appuyer encore plus sur le groupe centriste et les radicaux. Retour sur les principaux évènements de cette élection.

Le groupe UMP compte 159 membres et est présidé par Henri de Raincourt. A gauche, le groupe socialiste compte 95 membres. Le groupe communiste, républicain et citoyen, 21. Le groupe Union centriste-UDF (30 membres) a survécu, pour l'heure, à la disparition de l'ex-UDF : il rassemble à la fois des partisans de François Bayrou (MoDem), des élus appartenant au Nouveau Centre d'Hervé Morin et des centristes "orphelins de l'UDF".  Le Rassemblement démocratique et social européen (RDSE, 17 membres) est issu de la vieille famille des républicains modérés. Il réunit des radicaux valoisiens de droite (6), des radicaux de gauche (7) et des élus du centre.

Pari réussi pour François Rebsamen (PS). Le maire de Dijon et le président du conseil régional, François Patriat, sont élus sénateurs de Côte d'Or. Une victoire historique pour la gauche dans le département : l'UMP ne conserve qu'un seul siège sur les trois que détenait la majorité. Louis de Broissia, sénateur UMP et figure de la droite locale est battu. "C'est un moment historique pour la Côte d'Or, puisque c'est la première fois depuis 1948 qu'il y a deux sénateurs socialistes élus en Côte d'Or", s'est félicité François Rebsamen.

Charles Millon (UMP) battu. L'ancien ministre de la défense, candidat aux sénatoriales dans l'Ain avec le soutien de l'UMP, a été battu. Envoyé au purgatoire politique après avoir fait alliance avec le Front national, en 1998, Charles Millon espérait une "réhabilitation" pleine et entière dans les urnes. Peine perdue : il est battu dans le département dont il a été le député pendant plus de 15 ans.

Jean-Pierre Chevènement (MRC) élu. L'ancien ministre de l'intérieur, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), candidat dans le Territoire de Belfort, est élu malgré la candidature concurrente du socialiste Yves Ackermann. Ancien maire de Belfort, ancien député, Chevènement retrouve un mandat parlementaire, qu'il espère utiliser comme une tribune nationale. Il n'a pas precisé s'il siégerait aux côtés du groupe socialiste.

La gauche l'emporte largement dans les Bouches-du-Rhône. Surprise dans le département : la gauche, menée par Jean-Noël Guérini (PS), emporte cinq des huits sièges en lice, la droite conserve trois sièges. Jean-Claude Gaudin (UMP) espérait remporter quatre sièges. La socialiste Samia Ghali est élue sur la liste de M. Guérini. "C'est une grande victoire", a estimé M. Guérini, sur Public Sénat, "mais ce n'est pas une revanche" sur les municipales.

Dominique Paillé (UMP) battu. Ancien député UDF puis UMP, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, porte-parole de l'UMP. Paillé avait obtenu l'investiture de son parti pour représenter les Français de l'étranger. Il subit un cuisant échec en ne recueillant que 16 votes (10,60 % des voix), derrière Claudine Lepage (PS), Robert Del Picchia (UMP), André Ferrand (UMP) et Christophe Frassa, Français de Monaco, qui s'était présenté en dissident de l'UMP. La candidature de M. Paillé, perçue par certains Français de l'étranger et certains sénateurs UMP comme un "parachutage" de l'Elysée, avait suscité beaucoup de remous.

Un nouveau siège pour le PCF dans l'Allier. Dans son ancien fief, le Parti communiste a reconquis un siège à l'UMP, avec l'élection de Mireille Schurch. Avec cette victoire, le groupe communiste et républicain au Sénat devient majoritairement féminin, selon sa président Nicole Borvo.

Edmond Hervé (PS) fait son entrée au Sénat. En Ille-et-Vilaine, l'ancien maire de Rennes, Edmond Hervé est élu, de même que ses deux colistiers Virginie Klès et Jacky Le Menn. Dominique de Legge est élu pour l'UMP. En revanche, le sénateur centriste sortant Philippe Nogrix (centre droit) n'a pas été réélu.

La gauche paie ses divisions en Haute-Garonne. Le parti socialiste et les radicaux de gauche, pourtant hégémoniques en Haute-Garonne, ont perdu dimanche un siège de sénateur, avec trois élus sur cinq contre quatre sur quatre auparavant. La liste du sénateur socialiste Bertrand Auban remporte les trois premiers sièges. L'UMP Alain Chatillon est élu, ainsi que le dissident socialiste, Jean-Pierre Plancade.

Le PS gagne un siège en Gironde. Droite et gauche sont désormais à égalité dans le département. La droite conserve trois sièges, même si l'un d'entre eux est emporté par le dissident Gérard César, non investi par l'UMP. La gauche conserve ses deux sièges et en emporte un nouveau.

La gauche consolide ses positions dans le sud et l'ouest. Le président sortant du groupe PS du Sénat, Jean-Pierre Bel a été réélu dès le premier tour dans son fief d'Ariège. Les sénateurs socialistes ont également été élus ou réélus dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans l'Aude, dans la Creuse, en Dordogne, en Ardèche. Dans les Côtes d'Armor, la gauche conserve ses trois sièges, deux pour les socialistes, un pour les communistes. Dans la Drôme, Didier Guillaume remporte un siège, les socialistes étant en bonne posture pour emporter les deux autres. Les deux sénateurs PRG sortants de Corse, Nicolas Alfonsi et François Vendasi ont également été réélus.

La droite perd des voix, mais conserve ses sièges. Dans l'Eure, si la gauche progresse en terme de voix, la majorité présidentielle a de nouveau réalisé le grand chelem, avec deux sièges pour l'UMP et un pour le Nouveau centre. Même scénario en Charente-Maritime où, malgré une poursée de la gauche, l'UMP conserve ses trois sièges. L'UMP confirme son assise en Eure-et-Loir en conservant les deux fauteuils des sénateurs sortants, et en en gagnant un troisième créé cette année. Les sénateurs UMP sont élus ou réélus dans le Cantal, dans le Cher et dans le Gers. Dans l'Aisne, les deux sièges restent à l'UMP. Le divers droite Philippe Adnot est réélu dans l'Aube. Le sortant UMP, Robert Laufoaulu a été réélu à Wallis et Futuna. L'UMP gagne aussi deux sièges nouvellement créés à Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

(source : AFP et Reuters)

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demande de P. Moscovici concernant la signature de sa motion

Chères camarades, chers camarades,
Chères amies, chers amis,
Laissez-moi tout d'abord vous remercier de votre implication dans la phase des contributions. Notre texte aura été présenté dans tous les départements et aura, je crois, permis de défendre à la fois notre identité sociale-démocrate (autour de la recherche d'un nouveau modèle de développement et de la promotion de l'égalité réelle), notre engagement européen et des propositions originales pour moderniser le fonctionnement du parti socialiste et le rendre plus efficace (organisation de conventions thématiques, choix d’un premier secrétaire arbitre des primaires de désignation, formation d'une nouvelle direction resserrée et renouvelée...).

Le dépôt des motions est désormais imminent. J'ai, au cours de ces dernières semaines, plaidé sans relâche pour une union des réformistes, rencontrant les représentants de Martine Aubry, la Ligne Claire, Bertrand Delanoë ainsi que Ségolène Royal.

Conformément au mandat qui m'avait été donné collectivement par les militants de Besoin de Gauche à la Rochelle, j'ai accordé la priorité au dialogue avec le pôle écologique, Martine Aubry et la Ligne claire. Avec le pôle écologique, les échanges sont très encourageants et j’ai bon espoir que nous puissions parvenir à un rapprochement. En revanche, les propositions des deux autres contributions ne sont pas, à ce jour, conformes aux orientations structurantes de Besoin de Gauche. A l'heure où je vous écris, aucun des blocs menés par Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Ségolène Royal n’ont donc fait de geste significatif répondant à notre refus de la présidentialisation immédiate du parti.

Au cours des derniers jours, vous êtes nombreux à m'avoir fait part de votre souhait que je poursuive les échanges avec Bertrand Delanoë et Martine Aubry. Vous avez été nombreux également à souhaiter le dépôt d’une motion si la cohérence de notre positionnement politique le nécessitait. Sans présager du résultat des discussions qui auront lieu lors des deux derniers jours, je crois donc que nous devons nous préparer à présenter un texte, pour défendre une certaine vision de la rénovation socialiste dont notre parti a besoin et empêcher un affrontement prématuré et destructeur entre présidentiables.

J'ai ressenti chez beaucoup d'entre vous une grande

détermination à ne pas transiger excessivement sur ces principes et me ferai donc votre porte-parole.

Si nous déposons une motion, il nous faudra avoir rassemblé l’ensemble des signatures de la première liste, qui paraîtra dans le cahier des motions, avant mercredi 24 septembre 10h30. Le délai étant très court, je vous demande de bien vouloir nous confirmer votre soutien, ou celui de vos camarades, de préférence par mail à cette adresse le plus tôt possible. Prévoyez aussi d’appeler les militants et élus de votre département susceptibles de soutenir notre démarche le mardi 23 septembre dans la journée, afin de pouvoir me transmettre les noms de nos soutiens si possible le 23 au soir.

Je suis profondément convaincu que le chemin que nous avons commencé à tracer ensemble est le bon. Si j’espère pouvoir convaincre un ou plusieurs des présidentiables de rejoindre nos propositions stratégiques, je suis véritablement déterminé à aller au bout du mandat qui m’a été confié, puis confirmé, si ça n’était pas le cas.

Je compte sur vous, vous pouvez aussi compter sur moi.

Aux_signataires_de_la_contribution_Besoin_de_Gauche

Nom :

Prénom :

Fédération :

Mandat d’élus :

Responsabilités au sein du PS :

Tel :

Mail :

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18 septembre 2008

Msocovici appelle au calme et à la confiance

Un nouveau billet de Pierre Moscovici

Du calme

C’est la première fois que je prépare un Congrès dans la situation qui est la mienne, celle de premier signataire d’une contribution crédible, de  candidat sérieux au poste de Premier secrétaire, qui plus est au cœur du Congrès le plus compliqué que le PS ait connu depuis des décennies. Ces jeux d’appareil sont pour le moins complexes, subtils, ils font partie de la politique, mais ils sont aussi intellectuellement et humainement desséchants. Ce n’est pas, je l’avoue, mon activité favorite. Je préférerais, et de loin, me consacrer aux sujets qui intéressent – et préoccupent - les Français, à commencer par la crise financière qui, à travers la fragilité des établissements de crédit, la remontée de l’euro, le coût de l’argent, la généralisation de l’instabilité, va handicaper durablement l’économie française. Ce, d’autant plus que nos marges de manœuvres sont cruellement réduites par un paquet fiscal, inutile et injuste, qui nous interdit tout plan de relance. Il y a là une illustration frappante de ce « besoin de gauche » que porte notre contribution. Mais ce blog explose – nous sommes à plus de 5 000 visites par jour ! – et les passions montent. Alors, il me faut répondre.
Une observation d’abord. Quand j’ai souhaité déposer une contribution générale, à l’origine  au titre de « Socialisme et démocratie » - qui m’en a confié la responsabilité le 18 mai à l’unanimité – puis avec « Rénover maintenant », je n’imaginais pas ce que j’allais vivre. Eh bien, je n’ai pas été déçu ! Je n’insiste pas sur les manœuvres diverses, et amicales, que j’ai dû déjouer, sur les mises en scène dont j’ai été l’objet. Tout cela est connu. Non, ce qui me frappe est autre chose : la suspicion constante dont toute initiative, toute expression libre est entourée. Ainsi, je souris de la colère que certains expriment ici, du rappel à l’ordre qui m’est fait de respecter le « mandat de La Rochelle », comme si ceux qui en ont empêché la réalisation, qui ont promu un schéma alternatif malgré le vote des militants de la contribution, en étaient les gardiens. Parfois, on croit rêver… et c’est un mauvais rêve. J’ai appris à vivre avec tout ça, avec les mauvaises manières, la mauvaise foi, la défiance : je le regrette, mais j’avance, avec mon éthique, avec mes principes, avec ma cohérence.
Alors, où en suis-je ? Eh bien, toujours au mandat de La Rochelle. Je parle à Martine Aubry, franchement, et pas seulement, comme le disent certains qui ne peuvent écrire un SMS sans le dire à la presse, pour évoquer mon anniversaire. Ma position est toujours la même : une motion avec Martine Aubry et la « ligne claire » - dont je ne me désolidariserai pas – et une approche, disons prudente, des amis de Laurent Fabius, avec la proposition de ma candidature, le préalable n’étant pas tant cela que la primaire ouverte et la non-présidentialisation du parti. Je crois que c’est toujours possible. J’ai par ailleurs, et j’espère qu’on ne me le reprochera pas, lancé un appel au rassemblement des réformistes, au retrait des « présidentiables » de la course au leadership. Ségolène l’a fait, qui s’en plaindra ? Mais c’est me faire un mauvais procès – je commence à avoir l’habitude - que de m’accuser d’un ralliement à sa cause : j’ai au contraire dit clairement lundi pourquoi ce n’était pas le cas. Ça fait un an que je le répète ici : je ne ferai pas le Congrès pour Ségolène Royal, mais pas non plus un Congrès du « Tout sauf Ségolène ». Et je discute aussi avec Bertrand Delanoë. Est-ce un crime ? Je rappelle que c’était dans notre « mandat » - pour ceux qui ont l’esprit procédurier – du 18 mai, et aussi dans celui de la Rochelle. Faut-il ostraciser le maire de Paris ? Il me semble au contraire avoir lu, dans cette lettre de « Socialisme et démocratie » qui ne me publie plus, qu’il fallait l’accueillir dans la majorité nouvelle. Certains l’écrivent mais ne le font pas. Moi si.
Alors, chers amis, je demande non pas de l’indulgence, mais du calme, de la confiance. Je ne sais pas, à cette heure, comment se dénouera notre aventure. Mais je sais que j’aurai, tout au long de ce parcours, agi avec une cohérence dont je n’ai jamais dévié, avec une intuition que je ne renie pas, dans la transparence et dans l’intérêt général du parti. J’aimerais que tout le monde puisse en dire autant. Jusqu’au bout, en tout cas, je n’en varierai pas.

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16 septembre 2008

la fin de la guerre des chefs ?

Vers la fin de la guerre des chefs, enfin ?

    Au moment où le dépôt des motions est imminent. Où le débat sur le fond doit commencer. Afin que le parti socialiste français puisse donner aux citoyens sa ligne idéologique, son identité, c’est à dire son avenir. Les ambitions présidentielles vont-elles se taire pour permettre le travail nécessaire à la reconstruction, à l’opposition, à la cohérence ?

    Beaucoup déjà dans les contributions générales ont affirmé clairement tous les dangers des ambitions personnelles et présidentielles, alors que deux congrès sont face à nous, avant cette désignation. A la fois la contribution « besoin de gauche » dont le premier signataire est P. Moscovici, mais aussi celle de Martine Aubry, celle de la « ligne claire », de l. Fabius, etc, etc. Car il nous faut préserver nos talents présidentiels, si nombreux, heureusement, dans notre parti. Les préserver puisque parmi eux, il y a peut-être celui ou celle, qui peut battre Sarkozy en 2012. Mais il ne pourra pas le faire tout seul, sans un parti rénové, qui serait alors plus un boulet qu’un tremplin. Mais il ne pourra pas le faire trop tôt aux risques de s’affaiblir et nous faire perdre encore.

    Nous sommes nombreux, sûrement une majorité des militants, à avoir dit bien avant l’été qu’il ne fallait pas de candidature présidentielle « quoi qu’il arrive », coûte que coûte au poste de premier secrétaire. Que les réformistes doivent s’allier, non pour devenir un "fan club", mais pour se mettre au travail. Qu’il n’y a pas de leader incontesté au sein du parti, personne qui rassemble seul plus de la moitié des militants. Ségolène semble l’avoir compris enfin. Il ne s’agit pas de penser à 2012, Sarkozy lui pense à aujourd’hui et liquide le modèle social, économique, laïque, aujourd’hui. Et on ne nous entend pas, à part pour le combat des chefs. Alors que la présence de notre opposition est urgente. Nos concitoyens ont besoin aujourd’hui d’un projet alternatif à celui du gouvernement, pas d’un candidat hypothétique à l’élection présidentielle. Hypothétique vu que ce congrès, quoi qu’il arrive, ne désignera pas définitivement un candidat.

    Ségoléne semble l’avoir compris. Et on peut se féliciter du pas qu’elle vient d’accomplir. Les conditions d’un duel sont de moins en moins réunies. M. Aubry n’a pas déclaré sa candidature au poste de premier secrétaire, et il faut espérer qu’il en reste ainsi. Car elle est l’un des talents qui peut prétendre à être présidentiel. Des présidentiables, il ne reste que Bertrand Delanoë, pour l’instant, sur une trajectoire personnelle passant par le poste de premier secrétaire. Des non-présidentiables, demeurent Julien Dray et Pierre Moscovici comme candidats à ce poste, et même eux ne font pas de cette candidature un préalable. Est-ce que Bertrand peut prendre le risque de mener seul une ambition présidentielle au sein de ce congrès ? Il est déjà le dernier, à l’heure où nous sommes, à être inflexible sur son ambition au poste de premier secrétaire. Va-t-il continuer tout seul un combat que plus personne ne veut ? Tous les réformistes doivent s’unir, et « mettre au frigidaire leurs ambitions » qui empêchent cette union, cette cohérence. Il nous faut cette union des réformistes avec une direction collégiale, rajeunie qui pourra organiser une primaire ouverte de désignation, sans s’y présenter, sans y être juge et partie. Le risque étant que les français ne nous pardonnent pas un congrès raté, un combat de plus, de trop, sur qui au lieu de comment ; sur lequel ou laquelle au lieu de qui nous sommes.

Jean-françois Cesarini

Co-mandataire de Besoin de gauche Vaucluse

Délégué national

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15 septembre 2008

Attention, un premier secrétaire peut cacher un présidentiable !

Voilà ce qui devrait être un truisme absolu, puisque les socialistes français sont si friands des évidences. C'est une évidence pour deux raisons, d'abord parce que l'ambition est à l'homme politique ce que les tâches sont au léopard. Plus ou moins prononcée, elle se cache dans les plis de la toge ou elle s'affiche fièrement. Aussi, même si on a raison de vouloir prémunir le Parti socialiste contre les présidentiables, on a tort de faire excès de naïveté dans l'exercice. D'abord qu'est-ce qu'un présidentiable ?

Ce terme forgé dans les années 80 a fini par s'imposer en France. Il veut dire "capable d'être président" alors qu'aujourd'hui on l'emploie pour dire "personne qui pourrait être candidate". A l'évidence, si on devait s'attacher au sens premier, la liste s'écourterait rapidement, subjectivement peut-être, mais au moins, on retrouverait un peu de calme. Bref, comme chantait Tears for fears, "everybody wants to rule the world".

De gens capables d'être présidents au Parti socialiste, il y en deux fois moins que de candidats putatifs, potentiels, supposés, déclarés ou en cours de réflexion. Il y a les candidats déclarés comme Ségolène Royal qui n'a jamais caché ses intentions. Tout a commencé quand elle a gagné une région. Il y a ceux pour qui tout a commencé quand ils ont gagné une ville  et qui y pensent logiquement après que leur réélection est venue légitimer leur ambition comme Bertrand Delanoë qui affiche avec ostentation le fait qu'il n'y pense pas le matin en se rasant. Il y a ceux qui se sont drapés dans le rôle  depuis longtemps, mais qui ont raté la Première et qui espèrent pouvoir se refaire un jour, c'est le cas de Laurent Fabius. Il y a ceux qui ont l'un des meilleurs profils pour job, mais qui sont "en déplacement à l'étranger" comme Dominique Strauss-Kahn. Ceux qui avaient les clés du château et qui étaient maîtres des lieux, mais qui se sont vu dérober le trône, c'est François Hollande. Ceux qui y ont pensé parce que c'est un principe chez eux, mais qui ont trop été dans le virtuel, c'est Jack Lang.

Et puis les autres... Ceux qui n'ont jamais rien laissé filtré sur leurs intentions, qui peut-être en auront un jour où le dire ne donnera pas l'impression de ralonger la liste. Ceux qui sont "présidentiables" au sens propre du terme, c'est-à-dire capables, mais pas nécessairement candidats. C'est le cas de Martine Aubry dont l'expérience et la compétence pèsent tant qu'on dirait qu'ils sont un inconvénient pour le Parti tant elle pourrait prétendre à plus. Cela veut-il dire que le candidat au poste de premier secrétaire doit être suffisamment médiocre pour ne pas prétendre à autre chose ? Personne ne le dit, mais si on veut être précis, ce qu'il faut que l'on dise c'est : "nous ne voulons pas que le parti soit "privatisé" par un(e) candidat(e) "déclaré(e) à l'élection de 2012. Ayant dit cela, on ne peut écarter qu'une personne, Royal car elle a fait pas mal de déclarations claires sur le sujet. D'autres qui n'ont rien dit mais qui y pensent, il y en a. Donc, on serait hypocrite, naïf et injuste.

Ce qui est important c'est de réfléchir non pas sur la tentation présidentielle aujourd'hui, mais sur le profil du poste de premier secrétaire. Le plus fécond sur le sujet est sans conteste Pierre Moscovici. C'est celui qui semble avoir le plus réfléchi à la question depuis un an, jusqu'à l'articulation avec des fonctions institutionnelles dans un avenir postérieur à 2012 si la gauche gagnait. Il y a une réserve cependant sur sa réflexion. Celui qui succédera à François Hollande en novembre prochain franchira du même coup un cap, sauf s'il est médiocre, il rejoindra la liste des "présidentiables". Car le premier secrétaire ne sera pas que le chef du PS, il sera aussi le chef de l'opposition dans un pays qui est régi par un régime présidentiel qui vient de se renforcer avec la réforme constitutionnelle de juillet. Aussi, même si aujourd'hui le premier secrétaire n'est plus le candidat naturel du parti - et encore, c'est une question conjoncturelle qui tient autant aux circonstances qu'à l'étoffe, il n'est pas non plus un "président de la IIIe ou de la IVe République" qui assisterait impuissant et bavant d'envie au déroulement des événements classiques de la Ve République : le choix du nouveau chef de l'Etat.

Il suffira qu'il fasse bien son travail - conduire la rénovation du Parti, l'imposer comme l'alternative et durcir l'opposition, qu'il réussisse les deux galops d'essai que sont les élections européennes de 2009 et régionales de 2010 pour être déjà lui-même grandi par la tâche et la fonction. Il suffira d'une poussée médiatique opportune puisque les médias veulent toujours de nouvelle têtes pour leurs "unes" et qu'ils se passionnent pour les destins réels ou supposée - s'ils n'existent pas, il suffit de les créer. Bref, s'il réussit le nouveau premier secrétaire, il sera dans les sondages, sur les plateaux de télévision, il aura une cote de popularité et un jour il y aura un gros dossier intitulé "Et si c'était lui" (ou "elle") et là, tout (re)commencera.

En politique les situations révèlent les gens. Pour le pire et le meilleur. Alors, il faut se concentrer sur l'essentiel pour le moment, le meilleur candidat pour le poste de premier secrétaire. Quelqu'un qui ne négligera pas son poste par obsession du "coup d'après". Pour le reste on verra.

Pierre Kanuty

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Mosco demande aux candidats du PS de "faire la Paix" !

Moscovici presse Aubry, Delanoë et Royal de "faire la paix"

Nommant Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et Martine Aubry, candidats -déclarés pour les deux premiers- à la succession de François Hollande, M. Moscovici, invité de "Dimanche soir politique" (France Inter/i-télé/Le Monde) a souhaité que "dans la semaine", "ils puissent se rencontrer les uns les autres plutôt que de se rencontrer par voie de presse". Le député du Doubs a souligné qu'il ne restait que "huit jours" d'ici le dépôt, le 23 septembre, des motions pour le congrès de Reims, qui détermineront les coalitions et le nom de leur chef de file en piste pour le poste de premier secrétaire.

"Je dis qu'il faut que les responsables fassent la paix, qu'ils travaillent à l'unité, au ressaisissement des socialistes", a-t-il imploré, car "aucun (des présidentiables) ne peut gagner ce congrès"."Il faut que les uns et les autres se parlent (...), qu'ils essaient de regarder ce qui les rassemble plutôt que ce qui les sépare et, éventuellement, que tel ou tel d'entre eux dise: +je ne fais pas de ma candidature un préalable+", a poursuivi M. Moscovici.

Selon l'ancien ministre, "celui ou celle qui dira, dans la situation actuelle, +j'ai conscience que ce congrès est dangereux, j'ai conscience d'un péril pour la gauche, je ne veux pas participer à ce danger-là, je me mets en dehors, au-dessus de cette situation+ celui ou celle-là aura gagné le congrès et aura gagné l'estime des Français". M. Moscovici a aussi souhaité "pouvoir rencontrer" M. Delanoë et Mmes Aubry et Royal qui, selon lui, "n'ont de différence que sur un point: ils veulent être premier secrétaire parce qu'ils veulent être candidats à la présidentielle".

Se déclarant "plus que jamais candidat" pour conjurer "cette fragmentation du parti", il a encore affirmé: "Si on continue comme ça, le Parti socialiste se divisera, le congrès ne sera bon pour aucun (des présidentiables), ce sera désastreux pour la gauche, désastreux pour le parti, ce sera bon pour Nicolas Sarkozy et ce sera tragique pour 2012".

Posté par Melfi à 12:43 - Actualités nationales - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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