Le blog de la Gauche du Réel à Maisons-Alfort

blog de la Gauche du Réel à Maisons-Alfort

26 février 2009

Menifeste pour l'Europe par le Parti Socialiste Européen

TEXTE DU MANIFESTE DU PSE "Les citoyens d'abord"
Un nouveau sens pour l'Europe
Lors des prochaines élections européennes, les citoyens d’Europe devront faire un choix politique
fondamental.
Partout en Europe, les gens sont confrontés à des défis sans précédent : la récession et la hausse du
chômage avec la crise financière mondiale, la flambée des prix de l’alimentation et de l’énergie, la
baisse du pouvoir d'achat et le risque croissant de pauvreté, le changement climatique, la criminalité
et le terrorisme qui menacent leur sécurité. Dans ce moment grave, le choix sera entre des partis
politiques portant des projets opposés pour l'avenir de l'Union européenne.
Chaque électeur aura à choisir entre notre conception d’une Europe de progrès, où les citoyens, les
Etats et les pouvoirs européens travaillent ensemble pour répondre aux aspirations de tous ; et une
Europe de droite, où l'avenir de nos pays et de nos concitoyens serait remis au jeu du marché.
Le Parti socialiste européen, lui, s'engage à créer une société plus juste et plus protectrice, prête à
relever les défis qui sont devant nous, en disant : « les citoyens d’abord ».
Dans le monde actuel où nous sommes tous liés les uns aux autres, aucun pays ne peut résoudre les
problèmes mondiaux en agissant seul. La crise financière et la récession montrent à l’évidence qu’un
événement survenu dans une autre région du monde peut avoir des effets dévastateurs chez nous.
L’action concertée des Européens a prouvé son utilité en nous armant face à la crise financière. Si on
les avaient écouté, les réactionnaires qui combattent l'Union européenne auraient laissé nos pays
démunis dans cette crise, sans les partenaires ni les outils pour trouver une réplique cohérente.
L’Union européenne, c’est notre lien vital dans la mondialisation. Elle nous met en position forte pour
traiter les problèmes mondiaux qui impactent nos pays. Coopérer plus intensément et plus
efficacement en Europe, c’est la voie pour relever les défis et apporter aux citoyens une vie meilleure.
C’est pourquoi l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, après ratification par tous les Etats membres,
donnerait à l'Europe plus de moyens pour mener, face à nos problèmes, une action démocratique,
transparente et efficace.
Voici 30 ans qu’ont eu lieu les premières élections au Parlement européen par vote direct des
citoyens. Aujourd'hui, ce Parlement a un rôle essentiel pour placer « le citoyen d'abord », comme nous
le voulons. Le Parti socialiste européen parle en votre nom, il défend vos intérêts et soutient vos
causes. Nous nous engageons à:
1. Relancer l'économie et éviter le retour des crises financières
2. Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale
3. Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique
4. Parvenir à l'égalité des sexes en Europe
5. Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès
6. Faire de l'Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le
développement
Les partis de gauche, quand ils sont au pouvoir au niveau local ou national, améliorent concrètement
la vie des citoyens. Les progrès obtenus par l’action des socialistes et sociaux-démocrates sont
clairement visibles.

Ces cinq dernières années, la droite a disposé d'une majorité en Europe, au sein de la Commission et
du Parlement européen, et avec la majorité des gouvernements des Etats membres. Mais qu'en a-telle
fait ? A-t-elle réussi à faire face à la crise financière mondiale ? A-t-elle enrayé la montée des prix
de l’alimentation et de l'énergie ? A-t-elle réduit la pauvreté et les inégalités ? La société est-elle plus
juste qu'il y a cinq ans? A-t-elle soutenu nos propositions pour créer plus d'emplois mieux protégés ?
La droite suit le marché. Nous suivons nos convictions.
La droite décrit souvent les crises économiques et sociales comme si elles étaient une loi de la nature.
Pourtant, elles n'ont rien d'inévitable, elles viennent de choix politiques fondamentaux. Certes, nous
vivons une époque de changements et de risques mondiaux, mais c’est aussi une époque d'énormes
possibilités nouvelles. Notre but, c’est une Europe où tous les acteurs coopèrent efficacement pour
exploiter les chances de la mondialisation au service de tous. La droite dit : « adaptez-vous au
marché ». Nous disons : « décidons notre avenir ».
Nous avons besoin d'une solide majorité progressiste en Europe afin de lancer les réformes
essentielles au bien-être futur des citoyens européens et de la société dans son ensemble. Ces
réformes sont indispensables pour libérer les gens de la pression qu’ils subissent partout, en essayant
de joindre les deux bouts au milieu de la récession, de la hausse du coût de la vie, de la montée du
chômage (avec 17 millions de chômeurs et encore plus de salariés précaires touchés en premier par
la baisse d’activité), de la menace des expulsions, et des inégalités sociales profondes (avec 78
millions d’adultes et d'enfants à la limite ou au-dessous du seuil de pauvreté).
La crise financière mondiale a révélé les carences d’un système de marché sans règles. L’économie
mondiale est dans une passe difficile. L’année dernière a vu deux chocs sans précédent : le pire
resserrement du crédit depuis les années 1930 et une flambée record des prix de l’énergie et de la
nourriture. Il faut une coopération active, en Europe et au niveau mondial, pour redonner cohérence et
stabilité aux systèmes financiers nationaux et internationaux; et il faut anticiper, transformer
l’économie, par un effort d’investissement dans les secteurs clés, pour préparer un avenir de
croissance durable pour tous en Europe.
La politique de la droite est partie d’une foi aveugle dans le marché, servant les intérêts d’une minorité
et non de la collectivité, et nous voyons aujourd'hui les dégâts causés par des marchés sans
régulation sérieuse. Mais nous savons comment en sortir : relancer l’économie européenne et établir
la justice dans la nouvelle Europe sociale.
Notre plan de réforme pour donner à l’Europe une nouvelle orientation, appuyée sur nos valeurs
d’égalité, de démocratie, de respect de l’être humain, de solidarité, de liberté et de justice, va apporter
le changement que les citoyens attendent d’urgence.
Nous, socialistes, sociaux-démocrates et démocrates progressistes, partageant les mêmes
valeurs et la même vision politique, travaillerons pour une Europe plus juste, plus sûre et plus
respectueuse de l’environnement. Rassemblés, nous sommes une force pour le changement.
Nous pouvons construire une société plus juste en disant : « les citoyens d'abord ».

En juin 2009, donnons un nouveau sens à l'Europe.

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12 février 2009

La crise, et après ? Selon Jacques Attali

Compte rendu par Clara des  Troissocs, de la manifestation organisée par Terranova le 11 février dernier

I/ Le Contexte de la crise financière

Les perspectives économiques mondiales étaient basées sur une croissance économique potentiellement forte (les 4 facteurs économiques nécessaires à la croissance étant présents), mais cette croissance a été mise à mal par la crise financière, même si les plans de sauvetage mis en place sont sans commune mesure avec ce que l’on a pu connaître par le passé.

Quels sont les 4 facteurs qui permettent une croissance élevée ?

-         a) une démographie en essor

-         b) le progrès technologique

-         c) la disponibilité du capital

-         d) un projet culturel qui favorise la croissance

a)   une démographie en essor : on va passer de 6 à 9 milliards en l’espace de 20 années, surtout en Inde, en Asie et dans d’autres régions plutôt défavorisées sur monde. Cela va se conjuguer avec une migration vers les villes, un taux de fertilité qui chute de façon vertigineuse dans certains pays (Italie, moins de 1 enfant par femme !) un vieillissement de la population et un phénomène de « féminisation » des campagnes. Les migrations transfrontalières vont s’accélérer (en 2050, 1, 5 milliards de personnes vont changer de pays, dont plus de 1/3 dans des mouvements Nord/Sud, mais aussi 1/3 interne aux pays du sud, et 1/3 interne aux pays du nord. Plus de 2 milliards de déplacements seront dus aux phénomènes de changement climatique qui vont obliger les populations à migrer.

b)   Un progrès technologique sans précédent : aujourd’hui on dénombre (contrairement aux autres époques où l’on en avait à peine une) quatre vagues de progrès :

-         les NTIC

-         les biotechnologies

-         les nano-technologies

-         les neuro-technologies.

La difficulté sera d’accumuler le savoir et de le conserver, plus que l’accès au savoir lui-même.

c) La disponibilité financière: c’est là que la bât blesse puisqu’on assiste aujourd’hui à une crise qui concerne l’ensemble de la planète dans un contexte où l’épargne représente 50 trillions de dollars par an.

d) le projet culturel : aujourd’hui la rareté est à la fois le risque et le facteur de cherté (ex : le pétrole, l’énergie, l’eau en 2050).

II/ Les causes de la crise

Pourquoi ça a buggé ?

La liberté individuelle, valeur sur laquelle le marché s’était basé ne peut pas marcher sans un état de droit, car un tel système n’a aucune raison d’être équitable. Donc, aujourd’hui on constate que le système ne marche pas : soit on accepte son déclin, soit l’on répartit les revenus, soit l’on fait des crédits (ce qu’a fait sans compter les USA, avec un système qui se voulait être « win-win ».

Cela a démarré avec la crise dites des « subprimes », ces crédits moins côtés que les autres mais qui tablaient sur une  augmentation supposée et anticipée de l’immobilier, couplés avec des taux variables qui ont rendu les couples insolvables. D’où la titrisation en cascade qui en a découlé – au total 12 trillions si l’on inclut les produits dérivés- .


En l’absence de gouvernements démocratiques, y compris aux USA, l’on a assisté à un transfert progressif des ressources vers les forces les plus puissantes, celles du marché. Cela s’est fait sans contrôle, ou avec la complaisance des contrôleurs - comme les agences de notation- , dans l’euphorie la plus totale, , qui n’ont rien vu venir (ou l’ont caché). Pour donner une idée de la dette aux USA, en 1929, la dette représentait 2,5 fois le PIB. A la fin 2007, elle représente 3,5 fois le PIB.


L’on assiste à la mort d’un système basé sur la croissance, hypertrophié ce qui a enclenché la spirale du déclin :

Dettes è panique è dettes accumulées, è banques en faillite.

Le système a implosé, la dette représente aujourd’hui 500 fois le PIB et le système bancaire mondial a prêté 80 fois le PIB (américain). Sur les 12 trillions de dollars, les fonds propres américains représentent 3,6 trillions, ce qui est loin d’être suffisant.

La croissance américaine est aujourd’hui négative (- 4 à - 5 % par an, ce qui fait 600 000 chômeurs de plus par mois).

Les causes plus profondes de la crise

- on n’a pas voulu voir qu’il n’y avait pas d’état de droit au niveau mondial ;

- on était dans un système allégal (sans violation de la loi car il n’y a pas de loi) et on a laissé faire ;

- on était dans le domaine du virtuel, qui fait que ça circule plus vite : à l’instar de la musique, qui circule très vite sur internet, la finance est apparue virtuelle alors qu’elle aurait dû avoir une contrepartie réelle.

III / Les propositions de Jacques Attali

a) une régulation à l’échelle mondiale

La régulation doit se situer à l’échelle mondiale. Or, ce n’est pas le cas et le plan actuel de sauvetage, même s’il impose des contraintes fortes, ne va probablement pas suffire. L’Europe ne peut pas s’endetter, et n’a même pas le droit d’acheter des entreprises. La réunion du G20 récente à Londres a été « aussi inefficace qu’une réunion des Alcooliques Anonymes qui serait organisée dans un bar à vin ».

Il y a un risque de dépression planétaire si les colmatages actuels ne suffisent pas, voire de chaos et (sous-jacente) d’une 3ème guerre mondiale avec beaucoup de morts !

b) la mise en place d’un système d’alertes et d’une structure internationale, d’accords avec les banques et les assurances, (comme le faisaient par exemple les corporations au Moyen-Age, qui contrôlaient leurs pairs).

c)    une monnaie unique dans le monde (d’ici 30 ans) mais pour le moment personne ne sait pas comment y parvenir ni quelle sera cette monnaie (le yen, le dollar, l’euro …?)

d)   supprimer les paradis fiscaux

IV / Les questions de la salle

La croissance pollue-t-elle ?

J. Attali : Ce n’est pas elle qui pollue mais la production (ex : charbon) il faut donc modifier les modes de production

Quel pays pourrait se substituer aux USA comme « gendarme du monde » ?

Aucun n’est au niveau actuellement. Seule l’Europe pourrait le faire mais on ne lui en a pas donné les moyens institutionnels.

Comment mettre en place la sécurité au niveau mondial ?

J. Attali prend l’exemple de la sécurité aérienne où tout le monde applique les règles car il y va de la survie des hommes.

Où est passé l’argent après la crise de 1929 ?

Dans la crise de 29, l’argent est parti essentiellement en fumée ! et le patrimoine a baissé mais les banques soit ont fait faillite, soit s’en sont sorties avec des bénéfices colossaux.

V/ Conclusions

Dans ce pessimisme ambiant « La crise n’est pas mauvaise si elle débouche sur un ordre mondial nouveau » Il faut parler de justice sociale, de relance par l’investissement…

VI . Commentaires par l’auteur du compte-rendu

Le tableau dressé par Attali est bien alarmiste, pessimiste, peut-être excessif mais sans doute l’analyse est-elle juste. Cependant il eût été intéressant de poser d’autres questions, mais le temps écoulé, je restai sur ma faim, malgré mes efforts répétés pour demander une intervention. Alors je la pose ici, dans ce compte-rendu.

Notamment, l’on peut se demander pourquoi les remèdes proposés par M. Attali se situent dans la continuation de l’existant : au-delà des mots (« justice sociale », « relance ») c’est tout un système qu’il faut revoir, et sans doute aurait-il fallu faire preuve de plus de créativité et d’audace afin de tenter de bâtir un « nouvel ordre financier ». M. Attali parle d’absence de contrôle, mais oublie qu’il existe des instruments de contrôle (à commencer par les banques centrales dont l’un des rôles est de contrôler les crédits) et que les régulations internationales dont Bâle I et II se sont inspiré au niveau européen imposent des normes très strictes aux banquiers avec des ratios solvabilité sans précédent. Pourquoi dans ce cas ne pas prendre les mesures qui s’imposent, comme un ratio de 1 pour 1 ? Le problème, ce n’est pas l’absence de normes mondiales, c’est leur non application dans la pratique, et ce avec la complaisance de tous. Le problème est que les banquiers sont devenus un lobby immense, avec tous pouvoirs, et qu’il faut donc le leur ôter.

Il eût été par exemple intéressant de s’interroger sur la suppression des banques à un moment où les nouvelles technologies de l’information rendent l’intermédiation moins nécessaire voire inutile. Rappelons le, les banques ont été créées il y a trois cents ans pour servir d’intermédiaires entre commerçants pour faire des actes de commerce. Mais à l’ère d’internet, la tenue des contrats, des comptes, ainsi que la gestion des moyens de paiement et de l’épargne simple pourraient parfaitement être effectués par d’autres institutions, y compris sur le net, en tous cas par des moyens plus  fiables et surtout plus encadrés.

Quant à la gestion du risque (crédits), rôle par essence des banques mais dont la crise financière a démontré les limites, elle pourrait être pris en charge par les pouvoirs publics soit au niveau national soit au niveau régional.

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05 février 2009

Le plan de relance de Sarko, un leurre !

Droit dans ses bottes

Le Premier ministre, François Fillon, a présidé hier à Lyon un Comité interministériel pour l'aménagement et la compétitivité des territoires (CIACT), au cours duquel, aux côtés notamment du ministre chargé de la relance, Patrick Devedjian, il a présenté les grands chantiers du plan annoncé en novembre à Douai par le Président de la République. Dans le même temps, il a accordé une grande interview au journal «Le Monde», dont le titre - «rien ne serait pire qu'un changement de cap» - est déjà tout un programme. Le message de cette journée est claire : comme son ancien prédécesseur Alain Juppé, le Premier ministre est sur de lui et de son fait, en un mot il est «droit dans ses bottes». Face à un mouvement social d'ampleur, comme celui de 1995, c'est risqué. Face à une crise majeure, comme celle que nous traversons aujourd'hui, c'est irresponsable.

Quelques mots, d'abord, sur le plan de relance. A lire rapidement ce volumineux dossier, qui présente «1 000 chantiers» destinés à impressionner l'opinion, on comprend mieux encore les limites de la démarche gouvernementale. L'artifice du plan de relance apparaît en effet clairement, notamment à travers la pseudo-priorité donnée à l'investissement des collectivités locales, à qui l'Etat donne... ce qu'il leur doit, au titre du Fonds de compensation de la TVA. Quant aux investissements publics, à hauteur de 11,1 milliards d'euros, plus 4 milliards visant des entreprises publiques, s'ils ne sont certes pas négligeables, ils comportent 2 biais. D'abord, comme je l'ai déjà dit ici, il ne s'agit pas d'une réponse d'urgence à une crise qui prend l'économie à la gorge, mais d'un effort gradué dans le temps : l'Etat espère que 75 % des crédits seront consommés dans l'année – c'est pour le moins optimiste. Ensuite il s'agit pour l'essentiel, comme l'a justement relevé Alain Rousset, Président de l'Association des Régions de France (ARF), d'un «effet de rattrapage et de recyclage des crédits déjà inscrits dans les contrats de plan» : rien de bien neuf sous le soleil, le gouvernement rétablit des crédits votés en 2008 et annulés en 2009, il accélère d'autres programmes, il n'apporte rien d'immédiat. La priorité est donnée à la route et aux transports urbains par rapport au ferroviaire : ça se discute, à tout le moins. De plus, le volet social du plan, avec au premier chef la prise en compte des intérimaires qui me préoccupe tant, est famélique – en fait il est inexistant. Enfin, comme il se doit, rien n'est dit et rien n'est fait pour le pouvoir d'achat, ce plan reste profondément déséquilibré. On peut donc porter sur le détail de ces mesures le même jugement que sur l'approche d'ensemble : tout cela n'est pas insignifiant, certes, mais demeure très insuffisant. En outre, l'élu franc-comtois, le Président de la communauté d'agglomération du Pays de Montbéliard que je suis, ne peut que constater, avec désolation, que rien, ou presque n'est fait pour ce bassin d'emploi et pour cette région : le TGV Rhin-Rhône ne reçoit pas de coup de pouce, l'Aire urbaine Belfort – Montbéliard – Héricourt est négligée : dans ce plan qui ne traite pas la crise là où elle l'est, qui n'apporte rien de nouveau, ce n'est pas illogique, mais c'est grave ! Je suis vraiment en colère : c'est vraiment – pardonnez-moi l'expression – du foutage de gueule !

L'interview du Premier ministre confirme le choix du pouvoir : ne rien changer, continuer comme si de rien n'était, rester sourd au message du 29 janvier. Car, par delà le coup de chapeau ambigu aux syndicats – qui «ne devront pas se tromper de priorité», celle-ci n'étant pas les salaires, mais l'emploi et l'économie, comme s'il y avait opposition entre ces différents termes – c'est un message dur qui s'y exprime. Dur contre le PS, dur contre la gauche d'abord. François Fillon est un homme intelligent, courtois, gros travailleur, il a sa cohérence idéologique, bref c'est un responsable politique de qualité, qui est à se place à Matignon avec une majorité UMP. Mais, malgré son physique lisse et un ton égal, il n'est pas un «bon garçon» ou un homme ouvert, mais un leader conservateur, très rude dans le combat politique. Il feint de convier le Parti socialiste à l'«unité nationale», prétend l'appeler au dialogue et à la coopération», en réalité il nous tape dessus avec violence. Clamer, en guise de réponse à Martine Aubry qui demandait au Président de la République de réunir toutes les forces du pays, que les socialistes ont besoin d'un «Grenelle du PS», critiquer le principe même de notre motion de censure, mépriser toutes nos propositions n'est pas une attitude tolérante et à l'écoute, je crois que c'est, dans le moment difficile que traverse la France, la marque d'un sectarisme inapproprié. Surtout, le Premier ministre confirme la détermination du gouvernement à poursuivre une politique qui échoue, il affirme vouloir «résister à la démagogie de ceux qui prétendent qu'il faudrait utiliser les aides publiques pour relancer la consommation», il adresse une fin de non-recevoir, non seulement aux propositions de l'opposition, mais aussi aux exigences du mouvement social. J'avais, la semaine dernière, dit que Nicolas Sarkozy avait le choix, après le succès de la journée de grève générale entre 3 voies : le pourrissement, l'épreuve de force, le dialogue. Cette dernière semble, comme je l'avais prédit, hélas fermée, le choix entre les deux autres n'est sans doute pas encore fait.

François Fillon est-il le précurseur du message que délivrera le Président de la République jeudi à la télévision, ou bien y-a-t-il entre eux une sorte de division du travail ? Vont-ils nous jouer le numéro «bad cop» (Fillon) vs «good cop» (Sarkozy) ou bien le chef de l'Etat fermera-t-il lui aussi la porte ? Si c'était le cas, nul doute que le climat politique et social se durcirait fortement. Ce serait une erreur dramatique, à laquelle les socialistes doivent se préparer. C'est malheureusement une probabilité. Nous ne nous déroberons pas à nos responsabilités.

PS : Martine Aubry a annoncé, lors de la réunion des secrétaires de section dimanche à la Mutualité, sa décision de me confier la coordination d'une convention nationale sur le modèle de société des socialistes, sur la politique économique et sociale. 

Posté par Melfi à 14:48 - Actualités nationales - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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