29 septembre 2008
DSK: "Mon plan pour l'économie mondiale"
Pendant que ses amis politiques se déchirent en France, Dominique Strauss-Kahn est totalement absorbé par sa fonction de directeur général du Fonds monétaire international. Qui plus est alors que le système financier américain est ébranlé par une grave crise. L'occasion pour DSK de livrer son diagnostic et de proposer les services du FMI comme régulateur du système.
Dominique Strauss-Kahn prône la régulation de la finance internationale. (Reuters)
Est-ce que la peur est le pire ennemi de l'économie, comme le dit Nicolas Sarkozy?
Le plus grand danger, c'est qu'on oublie la peur. Le risque, quand la crise financière sera maîtrisée, c'est qu'on revienne aux vieilles habitudes. Pour l'instant, on éteint l'incendie. C'est ce qu'il faut faire dans l'immédiat, et c'est ce que font les autorités américaines. Mais après, nous devrons tirer les conséquences de ce qui vient d'arriver: donc réglementer très précisément les institutions et les marchés financiers. C'est parce qu'il n'y avait ni règle, ni contrôle -ou pas assez de règles et de contrôles- que cette crise est née.
Comment avez-vous vécu cette crise? A un moment, avez-vous vu l'économie mondiale s'écrouler?
La dramatisation est trompeuse. Cela fait des mois que je savais à quel point le système financier était fragile. En avril dernier, le FMI avait publié ses conclusions sur la crise financière américaine. Le jour où j'ai reçu le rapport de mes services, j'ai été impressionné: nous estimions les pertes à 1000 milliards de dollars... mais seulement 200 avaient déjà été enregistrés. Donc il y avait encore 800 milliards de pertes à venir... Et nous étions un peu en dessous de la réalité!
Qu'avez vous fait à l'époque?
J'ai publié ces chiffres. Le FMI a joué son rôle. Nous avons dit que la crise financière provoquerait un ralentissement sensible de la croissance mondiale. Mais on n'a pas voulu nous entendre. On nous a reproché notre pessimisme. D'habitude, les prévisions du FMI sont des références. Là, le ralentissement net de la croissance était plus dur a accepter.
Auriez-vous dû crier plus fort?
On peut toujours se reprocher de ne pas avoir fait assez de bruit. Mais tout gouvernement a toujours tendance à refuser les obstacles, tant qu'il n'a pas le nez dessus. J'ai été ministre, je connais cela!
Nos gouvernements doivent préparer les populations à la récession?
Il y a un ralentissement sérieux et durable de la croissance mondiale. Ça va être difficile pour l'Europe et parfois plus dur encore dans certains pays pauvres, surtout ceux qui sont directement frappes par "l'autre crise", celle de prix des matières premières. Mais l'économie réelle ne s'effondre pas. Les monnaies ne basculent pas. Les banques centrales parviennent à gérer la crise financière.
Et ça peut tenir indéfiniment?
Non. C'est pour cela qu'il faut réformer. Jusqu'ici, on a résolu les problèmes à mesure qu'ils se présentaient. Maintenant, il faut les attaquer globalement. Ce sont les 700 milliards de dollars du plan Paulson. Ce plan est bienvenu, parce qu'il est global. Mais il doit être le premier acte d'une action politique internationale.
Mais les contribuables américains ne veulent pas payer pour les erreurs des financiers...
C'est compréhensible. En Europe, nous avons aussi eu ce débat sur la "socialisation des pertes et la privatisation des profits"... Les politiques injectent de l'argent public pour éviter que tout l'édifice financier s'écroule parce que c'est la stabilité de nos économies qui en depend. Mais ensuite, il faut réformer. Sinon, s'imposera l'idée du puits sans fond, de l'Etat qui vole au secours des managers incompétents et des spéculateurs cupides.
Donc il faut une réponse politique, pas seulement technique.
En l'occurrence, il n'y a pas de réponse financière qui ne soit politique. Mais s'il n'y a qu'un discours politique, c'est de l'incantation. Aujourd'hui, on admet que la crise vient de l'absence de régulation par la puissance publique. Le marché ne se suffit pas à lui-même. Le marché ne soigne pas le marché...
Nicolas Sarkozy parle de la fin "d'un capitalisme financier" qui avait "perverti" l'économie...
Cela montre le niveau de l'inquiétude générale. C'est la fin d'une période où l'on a cru que le marché suffisait à réguler l'activité financière. Cela n'a jamais été mon cas.
Avez-vous été choqué ces dernières années?
Trop souvent! Le système n'avait plus de sens. Pour maximiser leurs gains, des acteurs de la finance prenaient des risques inconsidérés. On multipliait des produits dont on ne maîtrisait pas les dangers; on avançait à l'aveugle, dans des transactions opaques... Aujourd'hui les tycoons de la finance reconnaissent en privé qu'ils ont été trop gourmands! Ça montre que la question des rémunérations n'est pas marginale: contrôlons les gains des financiers, on contrôlera aussi la finance. Mais ce n'est pas une question morale mais idéologique.
Idéologique?
L'idéologie dominante prônait la régulation des marchés par le seul marché. Les régulateurs -comme moi, si vous permettez- étaient minoritaires. Je pense que c'est terminé. L'idéologie de l'autorégulation est pulverisée par les faits. Les Etats, les puissances publiques reviennent. Partout. Pour sauver le système financier, on en vient à des solutions qui rappellent les nationalisations temporaires que je prônais en France, sous les lazzis: c'était du colbertisme! C'est devenu du simple bon sens.
Le social-démocrate exilé au FMI est devenu hégémonique...
Il n'y a aucun débat partisan ici. Des progressistes comme Lula ou Zapatero, mais aussi Nicolas Sarkozy, et les Chinois, et -vous verrez- les Américains, réclament ou réclameront une régulation.
Et qui va mener cette réforme?
Le Fonds monétaire international peut le faire. Les gouvernements de la planète, tous les gouvernements, pas seulement ceux des pays riches, ont intérêt a se servir du FMI pour cela. Nous avons été créés en 1944 comme une sorte de service public mondial. Nous sommes les gardiens d'un bien public global: la stabilité financière, au service de l'économie. En 1944, ce qui menaçait, c'était l'anarchie monétaire. Aujourd'hui, il faut faire face, en plus, à l'anarchie financière: l'opacité, la cupidité, l'irresponsabilité d'un système qui s'est developpé sans rapport avec l'économie réelle... La finance doit être contrôlée. Nous sommes prêts à le faire si on nous en donne le mandat. Nous sommes dans notre rôle, et je le revendique.
Le FMI sera un gardien mondial des finances mondiales?
Il doit être le lieu de la discussion d'abord, de la décision ensuite. Sur l'analyse de la crise comme sur les normes qu'il faut adopter. On connaît les pistes: transparence des transactions et de l'évaluation des actifs; contrôle des rémunérations; évaluation des risques, notamment pour les fonds d'investissement. De même les agences de notation doivent être supervisées. C'est un devoir pour les puissances publiques de définir, au niveau international, des rêgles universelles de fonctionnement des marchés financiers...
Une seule règle, un seul règlement? La même loi à Londres, à Tokyo, à New York?
Chaque pays votera ses propres lois. C'est le minimum indispensable de la légitimité démocratique! Mais les règles générales devront être universelles, parce que le système financier est globalisé...
Et qui fera appliquer ces rêgles? Le FMI?
La décision, entre les Etats, doit reposer sur le consensus. On peut avoir des autorités nationales ou régionales (comme l'Union Européenne, par exemple), mais il faut un garant global. Une institution qui vérifie que les normes -transparence, équité- sont appliquées partout. Le président brésilien Lula et les premiers ministres anglais et espagnols Brown et Zapatero, le ministre des finances allemand Steinbruck, viennent de souligner la nécessité d'un organisme international pour superviser les systèmes financiers. Cette idée va s'imposer.
C'est le "Bretton Woods" que réclame la France?
C'est un beau titre! A Bretton Woods, en 1944, on a traité de la guerre des monnaies. Maintenant, on doit imposer l'ordre public aux banques et aux marchés financiers. Parce que nous rassemblons tous les pays, nous sommes capables de définir et de garantir le compromis et l'intérêt général. C'est ce dont le monde a le plus besoin. Longtemps, la Chine et les Etats-Unis ont refusé d'être soumis à nos missions d'évaluation de la stabilité financière. Cette année, ils viennent d'accepter! C'est un signe.
Vous êtes préoccupés par la situation française?
Comme citoyen, la France ne me quitte pas. Mais le Directeur du FMI, par tradition, ne s'exprime pas sur la situation économique de son pays. Les Etats-Unis sont passés du laisser-aller à l'interventionnisme en quelques jours.
Les Européens seraient-ils capables de réagir aussi vite en cas de crise majeure?
Aujourd'hui, non, faute d'un gouvernement économique européen. Les Etats-Unis sont un pays. L'Europe est une construction.
Les Etats-Unis sont un pays qui n'est pas tenu par des normes budgétaires. L'Europe doit-elle assouplir ses règles, renoncer à ce que Nicolas Sarkozy qualifie de "religion"?
L'Europe a besoin de politique, de décision, de rapidité... Mais elle n'a pas besoin de désordre! S'abstraire de ses propres règles, alors qu'on a décidé de réguler le système financier international, ça serait curieux. S'il faut ajouter à l'anarchie financière le laisser-aller budgétaire, on jouera à l'envers. On ne va pas ajouter de l'endettement à l'endettement!
18 juillet 2008
Charte pour le renouveau
CHARTE
POUR LE RENOUVEAU
Le
moins que l’on puisse dire, c’est que le PS et la gauche peinent à défricher un
nouveau chemin.
Empêtrés
dans les querelles d’hier, impuissantés par celles de demain, le PS et la
gauche ne trouvent pas le ton juste entre préjuger d’hier et renoncement à
demain.
Les
couches moyennes se pau-périsent, les salariés se préca-risent, les exclus le
sont chaque jour un peu plus, chacun galère comme il peut. La gauche, elle,
semble rater le rendez-vous de l’espoir.
Le
PS a besoin d’une nouvelle donne, d’un nouveau souffle, de perspectives
nouvelles.
Le
congrès du principal parti de la gauche, le PS, peut être une chance mais on
sombre pour l’instant dans la fragmentation : 21 contributions générales,
ce n’est pas le meilleur signe de bonne santé. Le PS consume son énergie dans
un jeu de « Rubiscub » improbable pour des lendemains incertains. Il
est urgent de tra-vailler à la recomposition du PS. Il est nécessaire de bâtir
une nouvelle majorité pour imposer le renouveau.
Le
PS ne peut s’embarrasser de faux débats. Parti de gouver-nement, il sait que
l’on ne peut distribuer que si l’on produit. Il sait ainsi que la dette est
l’ennemie de la redistribution. Il est unanime pour travailler à l’égalité
réelle. Il est unanime pour le développe-ment durable. Il a, dans la mon-dialisation, obligatoirement l’Eu-rope
comme cœur de son projet.
Mais
la vraie question qui doit requérir son imagination est la nouvelle question
sociale. Les vrais défis sont ceux de la nouvelle phase de la
mondialisation : la crise financière, la crise éner-gétique, la crise
alimentaire.
La
gauche ne peut reconstruire son dessein que si elle mobilise son énergie sur
les réponses à ces questions. Le PS n’est pas un parti comme les autres. Son
but n’est pas le pouvoir présidentiel pour le pouvoir mais la domestication
éco-logique et sociale de l’économie de marché.
Le
but du congrès ne peut être donc la
désignation du candidat à l’élection présidentielle, ni la recon-duction des
mêmes équipes. Il faut changer ! Il faut muter !
A
problèmes nouveaux, majorité nouvelle mais aussi modes de tra-vail renouvelés.
Le
PS a besoin d’une grande mu-tation pour bâtir l’alternative et réunir les
gauches. Il ne peut en rester à l’immobilisme délétère et à la
présidentialisation mortifère.
Pour cela il faut
bâtir une nouvelle majorité du PS autour d’idées simples :
Ò
Face à la présidentialisation :
¬ Des primaires organisées par
le PS.
Ò
Face à l’immobilisme :
¬ Des réponses claires aux
Français, tranchées par les adhérents en conventions thématiques.
¬ La préparation du nouveau
programme commun de la gauche.
¬ La perspective du parti de
toute la gauche.
Face à la reconduction des mêmes équipes :
¬ Une nouvelle gouvernance du PS
rajeunit et solidaire, ramassée.
¬ Un leadership de
travail : travailler les réponses, travailler avec les acteurs sociaux,
travailler avec nos partenaires.
¬ Une nouvelle animation
nationale du parti : retour des responsables au militantisme de terrain,
meetings, réunions, débats, campagnes nationales.
¬ Un nouveau parlement du parti,
votant sur le rapport d’activités, le rapport financier et l’orientation. Un
nouveau parlement qui ait la maîtrise, le contrôle et l’impulsion de la vie
collective des socialistes.
la charte de Jean-Christophe Cambadelis
Cher(e) ami(e),
Nous partageons la
même volonté de construire une nouvelle majorité. Nous ne faisons pas de la candidature
de l’un des nôtres au poste de 1er secrétaire, un préalable. A ma
connaissance personne ne l’a fait. Depuis le 18 mai dernier et notre résolution
unanime, nous voulons travailler avec Arnaud Montebourg et Martine Aubry.
Nous savons tous
que Martine Aubry est la plus proche de nous. Nous avons tous perçu dans
le texte de Gérard Collomb des préoccupations en résonance avec les nôtres.
L’élargissement est nécessaire, nous le ferons.
Oui au dialogue
avec Martine Aubry et bien sûr Gérard Collomb, voire d’autres, sur la base de
nos principes.
Non au congrès pour
rien ou à l’affrontement des présidentiables.
Nous n’avons pas
vocation à nous subordonner à qui que ce soit. Nous avons en tête au-delà de ce
congrès de gagner la présidentielle, même si nous savons que le socialisme ne
se réduit pas à cela. Nous voulons
contractualiser et si possible gagner, pas seulement pour nous-mêmes, mais
surtout pour le Parti socialiste. Nous savons que se joue en ce moment une
partie de l’avenir du Parti socialiste. Et nous voulons aborder ce moment avec
la hauteur de vue nécessaire. De grâce ! Laissons à la rue de Solférino
combinaisons et anathèmes pour maintenir les mêmes en place.
Tentons donc de construire vite les rassemblements qui
s’imposent avec Martine Aubry, voire avec Gérard Collomb, puis bâtissons un rassemblement
majoritaire !
JCC
Moscovici en campagne
Pierre Moscovici était mercredi à la Fabrik Théâtre pour présenter la contribution dont il est le 1er signataire.
Photo Jérôme Rey
Pierre
Moscovici (PS) était mercredi à 17h30 à la Fabrik Théâtre en guise de premier
signataire de la contribution "Besoin de gauche", l'un des courants
candidats pour succéder à François Hollande à la tête du parti socialiste en
novembre2008.
Accompagné de l'ex-maire de Strasbourg Catherine Trautmann, Pierre Moscovici
s'est adressé à un parterre de sympathisants avignonnais et vauclusiens parmi
lesquels Claude Haut, président du conseil général ou Jean-François Lovisolo,
secrétaire départemental du parti socialiste. Pierre Moscovici a expliqué
pendant près d'une heure qu'il "souhaite une conquête du parti
socialiste" et "une reconquête de la France".
Pourquoi ? Parce qu'il estime que "nous vivons dans une société
d'indignité", dans laquelle se manifeste "un besoin de gauche
mondial". Sa question : "Quel est le meilleur chemin pour
l'emporter en 2012 ?".
Pour lui, "le PS a une culture de diversité, pas aligné derrière un
chef unique" et la lecture de Ségolène Royal et Bertrand Delanoë est
fausse. Il se base sur "un responsable qui ne sera pas candidat en
2012", sur "un nouveau modèle de développement à la fois
économique et écologique" et sur l'union européenne.

28 juin 2008
Moscovici a présenté sa contribution au CRIF le 25 Juin 08
Voici le compte-rendu qu'a fait un de nos camarades de Lorraine de la réunion qui s'est tenue mercredi 25 juin au Conseil régional d'Ile-de-France.
Mercredi 25 juin 2008, au Conseil régional d'Île de France, Pierre MOSCOVICI a brillamment présenté la contribution "Besoin de gauche" pour le Congrès du Parti socialiste. Il a clairement explicité la méthodologie à employer pour convaincre l'électorat français pour l'alternative de 2012. Pierre Moscovici développe sa vision dans le style de DSK, c'est clair et c'est net. Il y a un point de départ, les idéaux socialistes clairement revendiqués, "le bien-être pour tous, avec la recherche de l’autonomie, la paix et le développement par la coopération, la préservation des ressources naturelles et des équilibres écologiques de la planète." et la méthode à appliquer, le réformisme.
Une petite séance de Net-Working a suivi la présentation et la réponse aux questions qui fusaient dans la salle. Ambiance studieuse habituelle que l'on constate lors des rendez-vous présidés par SD, qui pour l'occasion accueillait un courant bio-compatible. Strauss-kahniens et "montebourgeois" constituent un noyau dur parfaitement intégré dans une union féconde. Autour d'une ligne politique claire et nette, la machine à agglomérer les esprits dans un travail collectif en réseau se met en place.
Par jpb, bloggeur et social-démocrate
Et si vous voulez voir les photos, cliquez sur le lien ci-après: http://avenirlorraine.canalblog.com/
16 janvier 2008
Voeux de la Sociale-Démocratie
10 octobre 2007
le socialisme de l'égalité réelle, éditorial de Michel Destot
Nous publions ici l'éditorial de Michel Destot, maire de Grenoble, que nous apprécions (entre autres) pour sa politique locale de mixité sociale et de protection de l'environnement. Michel insiste sur la nécessité de faire reposer le socialisme sur "l'égalité réelle, les protections collectives, une mondialisation régulée, le défi écologique et l'approfondissement démocratique". Et chez lui, ce ne sont pas de vains mots mais il s'emploie à mettre ces principes en application réelle, telle que je la souhaite pour notre ville aussi.
Provoquer le débat, contribuer au renouveau du Parti socialiste, être utile à la France. Tels sont les principaux objectifs qui doivent être les nôtres.
Pour cela, il y a un préalable : se saisir des questions de fond en étant enfin conscients que si le monde et la France ont profondément changé au cours des 30 dernières années, nos méthodes, nos façons d’être et d’agir ont, elles, insuffisamment évolué.
Le premier devoir du PS est donc d’abord de se remettre au travail pour proposer des solutions contemporaines et innovantes répondant aux attentes de nos concitoyens et aux principaux enjeux du 21ème siècle (mondialisation, rapports Nord-Sud et sauvegarde de notre planète).
Le manifeste pour un socialisme nouveau que nous avons présenté la semaine dernière s’inscrit dans cette démarche, celle d’un projet de refondation inscrit dans la sincérité pour ne plus promettre la rupture et peiner dans la réforme. Une refondation qui se veut claire dans ces priorités et dans ces objectifs : sécurité des personnes et des biens mais aussi sécurité professionnelle et sociale ; dimension internationale avec une Europe forte et unie pour peser dans la mondialisation et résorber les inégalités entre les peuples ; développement durable avec des énergies renouvelables et le nucléaire, transports en commun, habitat durable…
Le socialisme que nous voulons refonder, c’est clairement celui de l’égalité réelle, des protections collectives, d’une mondialisation régulée, du défi écologique et de l’approfondissement démocratique.
Ce socialisme est celui de l’avenir. Pour être attractif, il doit inspirer la force et le désir. C’est une exigence qui doit nous conduire à de vrais arbitrages, loin des synthèses artificielles synonymes de non-choix et finalement, de retards coupables dans le rassemblement de tous ceux qui espèrent encore dans le socialisme et la démocratie.
Lettre hebdomadaire Socialisme et Démocratie No. 118 - du 9 octobre 2007
28 septembre 2007
Dominique, nous sommes fiers de toi !
Ce soir, nous sociaux-démocrates, pouvons être fiers et heureux: notre camarade Dominique Strauss-Kahn vient d'être désigné, à une très large majorité, Directeur Général du FMI. Celui que les socialistes français ont écarté, lors de la désignation interne, avec la suite que l'on connaît, vient de se voir confier la lourde responsabilité de gérer et rénover le FMI.
A ceux qui prétendent que c'est un poste "de tout repos", nous rétorquons qu'il t'eût été bien plus aisé de rester en France et de jouir de ton poste de député, tout en faisant comme certain(e)s autres, se donnant l’illusion de vouloir rénover le parti socialiste français, alors que leur ambition personnelle et leur horizon « franco-français » étroit les empêche souvent de voir les solutions possibles.
Toi, tu as choisi la tâche la plus difficile, celle de rénover les modes de financement du développement de la planète, et de venir en aide aux pays les plus pauvres.
Est-ce un hasard aussi que tu aies été nommé le jour où commence le "Grenelle" de l'Environnement, en France, où le président de tous les français prétend résoudre le problème de l’environnement dans le monde ? Quand on sait que les pays les plus pollueurs sont les pays en développement, où les régulations internationales ne sont pas respectées.
Je repasse ce soir dans ma tête notamment les propos que tu as tenus lors de notre campagne interne sur l'état de la planète, le nécessaire engagement pour la sauvegarde de l'environnement, l'exigence de venir en aide aux peuples opprimés, de soutenir l'économie des pays émergents et, par delà, de réconcilier la gauche avec la mondialisation. Tu étais bien le seul candidat à tenir un discours international, et à démontrer (déjà) tes compétences dans ce domaine. Les autres, Sarkozy en tête, en sont encore aux leçons de rattrapage, aux bourdes permanentes, aux éclats médiatiques, sans véritable travail de fond. Toi, tu veux sauver la planète, aider les pays en développement, et tu y arriveras.
Dominique, ce soir j’entends encore résonner à mes oreilles, avec nostalgie, le discours que tu as prononcé à Alfortville, tout près d'ici, lieu que tu avais choisi pour ton premier meeting de campagne interne il y a tout juste un an. Est-ce par un extraordinaire hasard du calendrier que tu t'es fait élire le jour même où tu avais déposé ta candidature ? Avec le recul, celui-ci sonne comme une prophétie, je me souviens de ton souhait de changer les choses, le monde, la Vie, tout simplement. J'entends encore ta voix, qui nous parle « des trois étoiles » dans le ciel : « la République, le Socialisme, la France » ! Aujourd’hui ces trois étoiles sont mises à mal par l’actuel gouvernement, et tu vas, par ton travail au FMI, contribuer à les replacer là-haut dans le ciel. Ta réussite sera la nôtre, celle de la France, celle du socialisme.
Clara
Oui, nous sommes fiers et heureux pour toi, inlassable pourfendeur des inégalités, ardent défenseur du " vivre ensemble " de "l'égalité réelle" et du renouveau de la social-démocratie. Les enjeux auxquels tu vas être amené à faire face désormais sont majeurs.
Bon courage. J'ai confiance, moi qui ai eu l'honneur de contribuer (même modestement) à ta campagne interne.
Je sais que tu sauras faire face à tes nouvelles responsabilités, comme tu sauras aussi faire briller à nouveau dans notre ciel ces trois étoiles !
05 juin 2007
Soyons écolo et social-démocrate !
On nous le dit, on nous le répète, pour bien vivre il faut être écolo, bio, développement durable, HQE, anti-OGM et tout un tas de choses qui bien qu’imprécises, tournent autour d’une prise de conscience récente : les sociétés humaines sont arrivées à un niveau où leur impact peut profondément modifier l’état naturel des choses.
Mais quelle place doit occuper l’écologie dans le débat politique ? Est-ce juste un choix de vie, un néoromantisme, un énième retour aux sources et à l’utopie d’une harmonie naturelle bienveillante ou trouve-t-on dans cette question écologique matière à une analyse politique ? Y-a-t-il derrière un choix de société, un impact sur notre idéologie qui doit être traduit en propositions politiques cohérentes ?
Cette contribution a pour objet d’essayer d’éclaircir notre approche de l’écologie en tant qu’élément politique.
A. Quelques constats
· La question écologique a pris une place importante et nouvelle dans nos préoccupations quotidiennes.
· Elle pose des problèmes de biodiversité, de réchauffement planétaire, de catastrophes climatiques, de risques épidémiologiques, d’infertilité, de raréfaction d’éléments vitaux (eau, terres cultivables, forêts, ressources halieutiques, ), de migration en masse de populations habitant en zones potentiellement inondables (dans un futur assez proche pour certaines), de gestion des déchets, de pénurie de certaines matières premières, etc …
· La question occupe une place importante et nouvelle dans la réflexion économique (chiffrage du coût du changement climatique, prise en compte ou pas des objectifs de Kyoto, programme européen Reach d’évaluation des substances chimiques, investissement ou pas dans des technologies non polluantes, …)
· Elle s’est invitée dans les débats des dernières élections présidentielles par la charte écologique de N. Hulot, cette initiative ayant été favorablement accueillie par l’opinion.
· Et pourtant, la dernière élection a vu quasiment disparaître la seule force écologique politique représentative et n’a pas induit de réorientation majeure du discours politique (on y a parlé chômage, sécurité, identité bien avant de parler écologie reçue comme une fausse évidence consensuelle)
En substance, la question écologique est paradoxale : elle donne l’impression d’être une question importante sinon fondamentale, alors que le discours politique oscille entre un catalogue pour le rayon bricolage (récupérons l’eau, changeons les ampoules, compostons nos déchets, …) et les bonnes intentions (il faut moins polluer, il faut se déplacer à vélo, il faut construire HQE, …), sans réel relais programmatique vu comme sérieux et réaliste.
B. Les idées fausses
L’écologie véhicule son lot de peurs, de fantasmes, d’emphase ou d’aveuglement.
· L’écologie, c’est sauver la planète. Non, la planète survivra très bien à nos erreurs, mais si nous changeons trop la chimie de notre atmosphère, si nous réduisons trop fortement la biodiversité, si nous ne trouvons pas un équilibre entre nos besoins et ce que peu offrir la planète, nos sociétés sont sures de disparaître, et potentiellement l’espèce humaine aussi.
· L’écologie est une affaire d’individu. Non, c’est une affaire de société. Un individu a un impact faible, en bien ou en mal, sur son écosystème. Seule la somme concertée des actions individuelles peut changer cet impact collectif. Dans ce sens, la politique est un élément indispensable à la prise en charge du problème.
· Il suffit de taxer les pollueurs pour diminuer le problème. Est-on sûr déjà de tous les connaître ? La taxe est une approche bureaucratique simple, qui a des chances de fonctionner à court terme. A long terme, il est probable qu’un impôt comme la taxe carbone créera une économie de la pollution (on trouvera un équilibre entre le pollueur, le consommateur et le dépollueur, et le progrès s’arrêtera). La bourse du carbone est aussi un moyen de coercition à condition de diminuer régulièrement les quotas et de vérifier que des biais polluants ne se créent pas.
· L’écologie est une histoire de catalogue de bonnes pratiques individuelles. Non, c’est insuffisant et par ailleurs les bonnes pratiques d’un individu peuvent se révéler collectivement néfaste (par exemple, rouler au carburant bio est très bien, sauf si cela induit une non-maîtrise des rejets et de la consommation d’eau et d’énergie pour le produire : ce doit être une opération maîtrisée et optimisée collectivement).
· L’homme n’a pas de réels impacts forts et durables sur la planète. Cette position en forme de déni irresponsable est une position souvent prises par des personnes qui défendent l’individualisme à tout pris, qui ont du mal à lier leur destinée à un tout à destiné solidaire : la liberté totale de l’individu dans un espace infini aux ressources inépuisables. |
C. Les obstacles à une vraie politique écologique
L’écologie en tant que réflexion politique souffre d’un certain nombre de handicaps.
· L’écologie a longtemps eu une image de « gens pas sérieux ».
· L’écologie implique une vision cohérente à long terme alors que la mode est au surf, à l’immédiat, à l’apparence.
· L’impact écologique planétaire est un fait nouveau et peu perceptible (avant, nous vivions dans un monde « infini » qui absorbait tout ce que nous rejetions, notre impact ne posait pas vraiment problème à nos yeux) ; l’existence du problème n’est donc pas encore un fait acquis.
· L’écologie s’oppose à la croissance économique et l’on privilégie invariablement la croissance dans l’offre politique : c’est vrai dans le modèle actuel qui est basé sur des énergies polluantes et qui est expansionniste en terme de territoire, mais ce n’est absolument pas une fatalité. Déjà certains modèles comptables intègrent le surcoût de la pollution.
· L’écologie s’oppose à des choix de société assez récents : c’est vrai en matière d’urbanisme, de transport, de développements énergivores, … mais là aussi, ce n’est pas une fatalité : de nouvelles solutions écologiques peuvent apporter un progrès social (désenclaver un territoire par le développement de transports en communs ou la production d’énergie renouvelable par exemple).
· Dans l’esprit des gens, l’écologie est un problème finalement mal défini, qui inclut informellement le changement climatique (voire la rupture climatique), la pression de nos sociétés sur les écosystèmes qui induit une diminution de la biodiversité, des changements des équilibres chimiques de l’air, de l’eau et du sol. Mais elle inclut tout aussi bien la protection des espaces et des paysages naturels ou la remise en cause de pratiques socioculturelles comme la chasse. Cela tient plus de l’inventaire à la Prévert que d’une définition rigoureuse d’un problème.
D. La gauche et l’écologie aujourd’hui
Comparativement, les mouvements altermondialistes sont plus en pointe sur la question mais ils apparaissent sur la question écologique plus comme des mouvements conservateurs voire réactionnaires en quête d’une sorte de replis sur un monde « idéal » s’appuyant sur une « harmonie agricole » (le bon sauvage est devenu l’agriculteur récoltant respectueusement les fruits de la terre nourricière et commerçant dans un monde policé). Nous nous ancrons dans un monde qui se développe, qui progresse, pas un monde qui se replie sur lui-même, voire récessionniste pour certains points de vue extrémistes (sans doute les héritiers contemporains de Malthus). Le développement durable est tout à fait compatible avec une économie florissante qui se projette à long terme.
Les verts ont probablement eu le tord de défendre l’écologie sans développer un modèle de société acceptable par la majorité, sans aborder la question économique de façon réaliste, sans traiter l’antagonisme qu’il y a entre sortir de la pauvreté et générer moins de richesses pour mieux maîtriser l’impact écologique. Enfin, ils se sont perdus dans des contradictions comme le souhait de faire disparaître le nucléaire et d’émettre moins de gaz à effet de serre (après avoir été incohérents 30 ans plus tôt avec la promotion du charbon contre le nucléaire) et ont voulu mélanger des problèmes culturels comme la chasse avec la question écologique, ce qui est totalement contre-productif.
Et nous, où en est notre réflexion, quelle est notre offre, qu’est-ce que l’écologie dans notre corpus idéologique ? Force est de constater que nous n’en sommes qu’à une prise de conscience et que ce serait une erreur d’en rester là, voire une faute à court terme.
E. Sommes-nous « écolo-compatibles » ?
La socdem est par essence réformiste, radicalement réformiste. L’idée de s’adapter aux nouvelles donnes est naturelle. Il n’y a donc pas d’obstacle à la prise en compte de l’émergence du fait écologique (contrairement aux partis conservateurs de droite qui eux ont un vrai problème avec l’écologie, au point de nier ses changements climatiques par exemple, les mettant sur le compte d’un cycle naturel).
Nous défendons une approche de société solidaire (contrairement à l’individualisme ambiant et à l’approche « que tous se débrouillent seuls et que les plus forts gagnent » de la droite). Or la lutte contre le réchauffement climatique est par essence une lutte collective, tant au niveau de la production que de la recherche de nouvelles technologies et organisations respectueuses de l’environnement.
Enfin, nous défendons l’idée d’un état qui intervient où il le faut, quand il le faut et ici aussi, la seule intervention des individus ne suffira jamais à contrer la dégradation écologique.
Si l’on examine les réalisations social-démocrates, on peut constater qu’elles sont en phase avec les idées générales du PS (sur ce point, nous ne nous distinguons pas fortement) :
- incitations fiscales (au niveau régional) pour les travaux liés aux améliorations écologiques (chauffe-eau solaire, isolation des logements et des bâtiments…)
- promotion des transports en commun
- urbanisme visant à réduire la circulation automobile
- …
En première conclusion, on constate donc que notre approche générale des problèmes est tout à fait en phase avec le fait écologique, mais que nous n’en tirons pas un avantage politique parce que trop timide, insuffisamment réfléchie et clairement énoncée.
II. La question écologique au sein de l’idéologie social-démocrate
Il serait prématuré de prétendre avoir une écolo-idéologie, mais on peut essayer d’en tracer les contours :
· Le droit écologique doit être aux sociétés ce que sont les droits fondamentaux aux hommes et aux citoyens.
· Nous défendons l’idée que l’écologie est un élément de citoyenneté, elle implique chacun d’entre nous, dans un mouvement commun, vers un but commun.
· Nous défendons l’idée d’une société qui a compris qu’elle n’évoluait pas dans un espace infini, et ne disposait pas de ressources inépuisables.
· Nous devons pouvoir évaluer l’impact sur l’environnement de chacune de nos décisions politiques.
· Nous voulons avoir une action collective et volontariste de manière à diminuer autant que faire se peut notre pression collective sur l’écosystème.
· Nous devons favoriser et donner un accès égalitaire aux technologies écologiques : c’est notre intérêt collectif.
· Nous devons promouvoir ces idées auprès de tous les peuples et les aider dans ce combat.
En terme d’outils, nous voulons nous doter d’outils qui garantissent la croissance économique et qui vont dans le sens d’une diminution de notre pression écologique : nos modèles énergétiques, de transport, d’organisations industrielles, d’urbanisme et de santé sont à retravailler.
Nous défendons l’idée d’une croissance économique compatible avec les impératifs écologiques. La croissance ne s’oppose pas aux impératifs écologiques si on choisit des énergies modes de production et de consommation adaptées et. Elle sera même un outil qui renforcera ce mouvement dès que les modèles de développement durables qui incluent le coût de la trace environnementale auront été largement mis en place. Au contraire, l’écologie peut être source de croissance économique par la production de nouveaux biens (matériaux isolants, énergies propres, produits et matières recyclées).
Avec nos partenaires Européens, nous devons être le fer de lance du programme Reach d’évaluation des substances chimiques sur l’homme, en interdire les plus dangereuses et développer la recherche d’alternatives technologiques respectueuses de l’environnement.
Avec nos partenaires Européens, nous devons définir une nouvelle Politique Agricole Commune qui favorise le respect de l’environnement.
Avec nos partenaires Européens, nous devons définir une politique commune des transports de marchandises qui mette fin au dumping social et aux subventions déguisées aux transporteurs routiers, et qui investie dans les infrastructures nécessaires au ferroutage et au transport fluvial.
Nous défendons la sortie raisonnée du nucléaire, c’est à dire quand on pourra le remplacer par une des énergie plus sure et moins polluante. Mais nous devons nous doter d’un mécanisme qui montre clairement la voie, qui permet de tracer le chemin à parcourir et de mesurer ce qui a été parcouru.
Nous devons instaurer des normes drastiques pour développer les constructions HQE et corriger les erreurs de l’existant.
Dans toutes nos actions, nous devons faire un bilan écologique pour identifier nos faiblesses et nos axes de progrès en matière de développement durable. Sur la base de ces résultats, nous devons privilégier les technologies les moins énergivores et les plus propres, et les promouvoir par un système de taxe variable en fonction des qualités écologiques des produits (+X% pour les polluants, - X% pour les plus écologiques).
Au niveau mondial, nous devons défendre l’idée de barrière pour les produits qui ne respectent pas une charte écologique minimale.
III. Conclusion
Cette contribution est très insuffisante pour être à la hauteur du reste de notre corpus idéologique. Elle doit cependant contribuer à alimenter le débat sur le sujet de façon à proposer rapidement une offre politique responsable et cohérente sur le sujet.
La difficulté en ce qui concerne l’écologie en politique est d’éviter de proposer un catalogue d’idées plus ou moins bonnes et de ne pas prendre le recul nécessaire pour une réflexion politique cohérente qui lie la société et l’écologie. Il est plus facile de jouer sur les ressorts individuels que sur une conscience collective. Cependant, l’individualisme en écologie est au mieux voué à l’impuissance, au pire source d’accélération des conflits qui se font jour entre nos sociétés et l’écosystème, et la santé de nos semblables.
Bloggy Bag et Dominique M (site des "3Socs").
21 mai 2007
Compte-rendu de la réunion Social-Démocrate du 19 juin 2007
Compte-rendu de la réunion Social-Démocratie du 19 Juin 2007, au CRIF (Conseil Régional d'Ile-de-France) à Paris
En fait, je n’ai pas très bien compris, au début, l’objectif de cette réunion SD: on a refait la génèse de la défaite, et on a parlé (un peu) de l’avenir. Il ne s'y est pas dit grand-chose au début, à part refaire une « thérapie de groupe » au sujet du pourquoi du comment de la défaite et (un peu) des mesures à prendre pour l'avenir du PS.
Quelques jeunes militants ont demandé que DSK prenne absolument le parti, et que la solution passait par lui, mais il semble qu'à la tribune ses lieutenants étaient un peu gênés pour parler à sa place. Pas un seul mot n'a été dit au sujet de son départ annoncé du Bureau National du PS, mais simplement le fait qu'il allait "prendre de la hauteur" (traduisez : du recul).
C'est Cambadelis qui a commencé, en nous expliquant pourquoi nous avons perdu les présidentielles: « On a perdu dans tous les compartiments » comme on dit au rubgy.
- problème d'offre politique (la gauche ne peut plus être seulement une "anti-droite")
- problème d’idéologie (perte des repères habituels)
- problème stratégique (catalogue de mesures floues et parfois contradictoires)
- problème d'organisation (malgré les 300 000 adhérents) et de leadership
Les français ont été déboussolés, désaffidés. Il reste maintenant à bâtir quelque chose de nouveau. Mais quoi ?
En fait, deux voies possibles, selon JP Huchon, qui est l'un des rares au cours de cette soirée à avoir parlé clairement et ouvertement défendu la position de DSK
Cambadélis a expliqué les piliers de notre refondation et comment ils étaient pris entre deux feux :
- celui des Vals, Terrasse, Gorce, qui ont mené l'offensive en demandant un nouveau congrès immédiat,
- et…. d'autres, qui ont demandé que l'on ne touche à rien pour le moment, à cause des municipales.
Mais en fait il y aura toujours une élection en point de mire, donc on risque encore l'immobilisme. Il ne faut, selon lui, tomber dans aucun travers: ni la fragmentation, ni l'immobilisme, sinon ça passera par quelqu'un d'autre (le Modem?). Il accepterait que nous soyons un parti minoritaire, mais qui doit agir, et le dire ; il faut une capacité à appeler de nouvelles générations. Avoir un calendrier est nécessaire mais pas suffisant ! Il faut être porteurs intransigeants de la politique de la gauche et être conquérants !
Marie-Pierre de la Gontrie a expliqué que l'on devait s'appuyer sur une structure SD totalement installée. Il existe une demande d'un débat de fond. Il faudra analyser par ex. les rapports de classes, les questions économiques et sociales. Il faut repasser à une étape de réflexion. La refondation oui, mais avec qui ? Avec tous ? Avec certains ? Il y en a qui s’organisent pour que Ségolène ne prenne pas le parti. Il faut débattre avec tous. Les batailles d’appareil ne doivent pas se faire avant mais après.
Selon certains intervenants, DSK
Sandrine Mazedier a fait une déclaration très remarquée : pour celle-ci, (que l'on sentirait presque ségôlatre, d'autant qu'elle s'était habillée en blanc) son score s'explique par le fait que le Modem s'est bien reporté sur elle, et ce Modem n'a rien à voir avec l'UDF. Elle estime qu'il ne faut exclure aucune voie, ni en interne ni en externe. Selon elle, il faut avoir un leader au PS, et il faut parler du pouvoir d'achat .
Michèlle Sabban, quant à elle, a expliqué qu'il ne fallait pas négliger nos amis du côté de la gauche, les communistes, mais aussi les syndicats, qui ont un rôle et un pouvoir important dans la société. Il faut revoir nos alliances, notamment celles internes à la gauche.
Un intervenant a rappelé le rôle joué par le marketing et un autre par la communication, qui selon lui a été exécrable durant la campagne (y compris en interne, c’est par les medias qu’il apprenait les réunions avec les socialistes).
Clara
