31 octobre 2008
DSK : Un plan de gouvernance mondiale
Dominique Strauss-Kahn : "Je proposerai au G20 un plan de nouvelle gouvernance mondiale"
"Je suis préoccupé par le ralentissement de l'économie mondiale et ses conséquences sociales", a affirmé le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, au "Monde".
Blanchi par son conseil d'administration de l'accusation d'abus de pouvoir dans le cadre de sa liaison avec une de ses subordonnées, Dominique Strauss-Kahn, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), rebondit. Il a retrouvé le dynamisme qui lui avait permis, depuis un an, de commencer à réformer la représentativité et les finances du Fonds.
Les missions. Le Fonds monétaire international a été créé, comme la Banque mondiale, à Bretton Woods (Etats-Unis), en 1944. Il a vocation à analyser et à surveiller les déséquilibres de change et de balances de paiement. Il prête les sommes nécessaires aux pays en difficulté : l'Islande (2,1 milliards de dollars), l'Ukraine (16,5 milliards) et la Hongrie (8,1 milliards) en sont les derniers bénéficiaires.
Les membres. Le FMI compte 185 membres dont les droits de vote et les droits à emprunter sont calculés en fonction de leur produit intérieur brut. Une réforme est intervenue au printemps, qui a donné plus de poids à la Chine, à l'Inde et au Mexique notamment.
Les salariés. Afin de réduire le déficit de 100 millions de dollars prévu en 2008-2009, le FMI a mis en place un plan de départs volontaires qui fera partir 500 de ses 2 900 salariés.
Les réserves. Le FMI est en mesure de prêter 250 milliards de dollars. Selon Dominique Strauss-Kahn, cela "ne suffira peut-être pas", si le Fonds est appelé à soutenir la croissance mondiale par des aides budgétaires à ses pays membres.
Au plus fort de la crise financière, il a encouragé les gouvernements à mettre sur pied des plans globaux prévoyant la recapitalisation des banques en difficulté. Le 15 novembre, à Washington, il proposera au G20 un plan de nouvelle gouvernance mondiale baptisé "Global regulation strategy" pour en finir avec les "bulles" à répétition qui détruisent l'économie réelle.
Quand finira la descente aux enfers des Bourses mondiales ?
L'extrême volatilité des marches montre que la crise financière continue à produire ses effets. J'ai bon espoir que cette volatilité se calme parce que les plans financiers américain et européen sont solides ; il leur faut juste un peu de temps pour donner leur pleine mesure.
Je suis plus préoccupé, en revanche, par le ralentissement de l'économie mondiale et ses conséquences sociales. C'est pourquoi le FMI ne peut pas se contenter d'être le pompier qui aide les pays à redresser leurs balances de paiement, il revendique le rôle du maçon qui aide à reconstruire la croissance. En 2009, nous prévoyons une croissance mondiale de 3 %, soit 0 % pour les économies avancées et de 6 % à 7 % pour les pays émergents. Dès le mois de février, j'ai d'ailleurs conseillé à ceux d'entre eux qui le pouvaient de prévoir un soutien budgétaire conjoncturel.
Vous avez été longtemps silencieux. Pourquoi n'est-ce pas vous qui avez élaboré le plan Brown qui a servi de modèle aux autres plans de sauvetage ?
Mais vous ne savez pas tout et c'est normal ! Quand une crise bancaire se déclenche à l'intérieur d'un pays, le FMI n'a pas de rôle direct, mais prodigue des conseils aux gouvernements. Munis de l'analyse unique de 122 crises passées, nous avons martelé deux recommandations. D'abord, en finir avec le cas par cas et mettre au point un plan global ; ensuite, recapitaliser les banques, parce qu'injecter de liquidités ne peut suffire. Jusqu'à la mi-septembre, l'efficacité commandait la discrétion. Depuis, ayant été entendus, nous avons pu parler publiquement.
Que pensez-vous de la proposition de Gordon Brown de faire du FMI une banque centrale mondiale dotée de moyens financiers renforcés ?
Gordon Brown a raison de vouloir réformer l'architecture financière mondiale. Avec la mondialisation, quand l'immobilier s'effondre en Virginie, la Hongrie en pâtit, parce que la chute du secteur résidentiel américain met en difficulté les banques américaines, puis toutes les banques de la planète qui rapatrient leur argent chez elles et coupent les crédits aux pays les plus lointains. L'effet domino se met alors en place. Le FMI peut y parer. Pour cela, il faut que son rôle de coordonnateur de la régulation mondiale soit réaffirmé – telle est d'ailleurs l'approche de Nicolas Sarkozy. Je proposerai ainsi au G20 un plan de nouvelle gouvernance, ou "global regulation strategy", autour des cinq axes suivants :
1/Mettre au point un prêt nouveau qui permette de soulager les problèmes de liquidités à court terme que rencontrent certaines économies : nous venons d'en définir les caractéristiques.
2/Augmenter les ressources du FMI qui peuvent devenir insuffisantes face à l'ampleur des besoins à moyen terme : c'est ce que propose Gordon Brown.
3/Tirer les leçons des politiques économiques qui ont conduit à ces "bulles" à répétition dont l'éclatement détruit l'économie réelle : c'est la mission qui nous a été confiée, il y a quelques jours, par les 185 pays membres du Fonds.
4/Surveiller la mise en place des nouvelles régulations financières élaborées, avec le FMI, par le Forum de stabilité financière, qui regroupe principalement les grandes banques centrales.
5/Aider à repenser un système mondial plus cohérent parce que plus simple, plus efficace parce que plus coordonné. Au-delà de son rôle de pompier et de maçon, le FMI peut aussi avoir, pour un temps, un rôle d'architecte.
Qu'attendez-vous de la réunion du G20 à Washington, le 15 novembre ?
La mesure de la situation historique que nous vivons. Et donc une impulsion décisive, à partir du document que nous lui soumettrons sur les leçons de la crise, pour la réforme de la gouvernance mondiale.
C'est une perspective que les Américains sont réputés ne pas apprécier…
Beaucoup de choses changent en ce moment. A des degrés divers, tous les pays – y compris les Etats-Unis – reconnaissent que le marché ne fonctionne que s'il est organisé et qu'on ne peut attendre aucun bienfait de la mondialisation si ses défauts ne sont pas corrigés.
Notre assemblée du 11 octobre à Washington a marqué un tournant dans ce domaine : nos 185 pays membres ont accepté à l'unanimité un système coopératif qui a ensuite aidé les Européens à être unanimes à Paris, le 13 octobre. Vous vous souvenez que, quelques jours auparavant, tout le monde ne jurait que par le prisme national…
Vous notez aussi que ce sera un G20 et non un G8 qui se réunira à Washington, le 15 novembre, parce que tous les responsables ont pris conscience que l'économie mondiale ne se réduit plus aux seuls pays riches. Pour ma part, je rappelle sans relâche qu'il y a une autre crise derrière la crise financière : celle que vivent les pays pauvres, frappés de plein fouet par le renchérissement des matières premières et des produits alimentaires. Dans les pays développés, la crise signifie baisse du pouvoir d'achat; chez les plus démunis, elle veut dire risque de famine pour certains, malnutrition pour beaucoup et séquelles pour toute une génération.
L'enquête interne demandée par votre conseil d'administration sur un incident de votre vie privée vous a lavé de l'accusation d'abus de pouvoir. Votre crédibilité et celle du Fonds n'en sont-elles pas affectées ?
Cette enquête a été conduite par un organisme indépendant dont les conclusions sont claires et nettes. Comme l'a dit le conseil d'administration du FMI : "L'incident est clos". Pour ma part, je suis pleinement dans l'action pour apporter des solutions aux problèmes économiques et financiers de la planète. D'ailleurs, le FMI n'est déjà plus le même qu'il y a un an quand j'y suis arrivé. Il est plus représentatif : la réforme des droits de vote, dont on parlait depuis des années, a été adoptée au printemps et aura à terme des effets considérables. Il est plus efficace : les 500 salariés qui nous ont volontairement quittés donnent une marge pour en embaucher une centaine d'autres qui vont nous aider pour nos nouvelles missions.
Il est plus respecté : l'Asie et l'Amérique latine ne sont plus en délicatesse avec le FMI, qu'elles accusaient d'éteindre les incendies au prix d'une régression économique et sociale. Il est enfin plus pragmatique : autant il serait absurde de prêter de l'argent aux Etats sans conditions, autant ces conditions ne doivent plus découler d'une ligne idéologique mais des besoins des pays. Le FMI a tiré les leçons de ses erreurs passées. J'ai plus que jamais l'ambition de continuer de le réformer pour lui faire jouer un rôle original dans ce nouveau contexte historique.
(Alain Faujas), journaliste au Monde
18 octobre 2008
Message pour la liste Clarté Créativité Courage
Cher camarade
A quelques semaines du vote du 6 novembre, les événements s'accélèrent, et les rendez-vous, médiatiques et militants, se multiplient.
Je t'invite dès à présent à noter les dates suivantes :
- le dimanche 19 octobre, Bertrand Delanoë sera en déplacement à Sotteville-les-Rouen, en Seine-Maritime.
- le mercredi 22, il se rendra dans les Bouches-du-Rhône
- le jeudi 23, il sera l'invité de Laurence Ferrari au journal de 20 heures de TF1
D'autre part, j'attire ton attention sur les outils militants disponibles sur notre site www.clarte-courage-creativite.com. Le générateur de blogs te permettra notamment de t'approprier pleinement ce débat interne, et de diffuser une parole personnelle, qui contribuera à faire de ce Congrès celui des militants.
Tu trouveras également sur notre site un témoignage de Michel Sapin sur la crise financière, ainsi que l'entretien de Bertrand Delanoë au Parisien-Aujourd'hui en France publié le 15 octobre.
Amitiés socialites,
14 octobre 2008
Motion A en prévision du vote à la section de Maisons-Alfort
Motion A (Bertrand Delanoë) : représentée à Maisons-Alfort par Dominique Mennesson (<dominique.mennesson7@wanadoo.fr>, )
Dans la crise grave que traverse notre pays, considérablement aggravée par la politique du pouvoir de N. Sarkozy, notre devoir de socialistes est de réussir un grand congrès de Reims. Nous le devons aux Français, parce qu'il est essentiel que nous soyons une opposition efficace et utile à leur service, de nouveau en ordre de marche, cohérents et audibles, en capacité de préparer un projet ambitieux et crédible pour une gauche gagnante en 2012.
La motion A dont nous parlons propose :
• Une orientation claire. Elle est celle du réformisme assumé, de l'efficacité de gauche au service du progrès social, de l'engagement européen pour peser dans la mondialisation, de la construction d'un nouvel Etat social prévoyant, de la promotion d'un nouveau modèle de développement qui articule croissance, justice sociale et écologie face aux défis du monde d'aujourd'hui et à la crise du capitalisme financier ;
• Une stratégie clarifiée et, pour nous, c'est sans ambiguïté le rassemblement à gauche ;
• Un Parti socialiste remis sur ses rails, profondément renouvelé dans son fonctionnement et ses instances ; un parti de militants où l'on retrouve le goût d'agir ensemble et où nul ne doit plus jamais se considérer au-dessus des décisions prises démocratiquement ;
• Une équipe de direction cohérente et un Premier secrétaire qui soit une voix forte et crédible pour l'opposition et qui fasse travailler tous les socialistes.
Ce rassemblement repose sur des convictions simples : la nécessité de redonner de la force au PS, de réapprendre à élaborer avec les syndicats, les associations, l'engagement que les militants soient en toutes circonstances respectés. Il en va de notre crédibilité.
Dans cet esprit, notre motion présente un ambitieux programme de travail, à mettre en œuvre dès le lendemain du congrès : avec, pour préparer notre projet, des conventions thématiques sur sept grands thèmes, qui seront décentralisées et tranchées par le vote militant.
Pour le mettre en œuvre, nous ferons vivre nos instances, à tous les niveaux, sur la base de l'engagement réel dans le travail et de la parité effective de toutes les instances.
Pour une gauche conquérante, nous appelons les militants socialistes à dégager, par leur vote, une majorité claire et forte, cohérente et unie qui permettra de rassembler tous les socialistes autour de l'orientation choisie.
En débattant sur le fond le 28 octobre, en nous rassemblant sur des choix forts, retrouvons la fierté d'être socialistes ; redonnons un espoir à la France et préparons les conditions de la victoire de la gauche en 2012.
Dominique Mennesson
baisse des taux directeurs de banques centrales
La baisse des taux directeurs annoncée par sept banques centrales va permettre de "réduire les tensions sur les marchés", selon le directeur général du Fonds monétaire international.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a salué, mercredi 8 octobre, la baisse des taux directeurs annoncée un peu plus tôt par sept banques centrales, estimant qu'il s'agissait de "la bonne décision à prendre".
"Nous saluons la baisse coordonnée des taux directeurs décidée aujourd'hui par les grandes banques centrales, ainsi que les actions conjointes sans précédent qu'elles ont entreprises pour réduire les tensions sur les marchés financiers", a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un communiqué.Sept banques centrales ont abaissé de manière simultanée et inattendue leurs taux directeurs, alors que la crise financière enfle et menace de plus en plus la croissance.
"Faciliter le fonctionnement"
La Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (Fed) et leurs homologues suédoise, britannique, canadienne et suisse ont baissé leurs taux respectifs d'un demi-point de manière concertée. Au même moment, la Chine a aussi annoncé une baisse des taux des prêts à un an.
Dans son communiqué, Dominique Strauss-Kahn a rappelé les mesures prônées par son institution face à la crise financière, à commencer par "l'apport de liquidités aux institutions financières et d'autres mesures pour faciliter le fonctionnement du marché et un crédit adéquat aux ménages et aux entreprises".
Le FMI prône également "un renforcement des institutions financières, par une recapitalisation appropriée et le retrait des actifs invendables des bilans des banques" et "une protection adéquate pour les déposants", a rappelé le directeur général.
13 octobre 2008
Pourquoi nous soutenons la motion A "clarté, courage, créativité,
POURQUOI NOUS SOUTENONS LA MOTION A (celle de Delanoe-Moscovici) intitulée " Nous soutenons le texte de la Motion A car : - nous pensons qu'elle est le plus à même de répondre aux besoins des militants, - que c'est celle qui remet au centre des préoccupations le citoyen, - que c'est la seule motion réellement sociale-démocratie, - qui rappelle que le libéralisme sauvage ne fonctionne pas - que l'economie doit être régulée par l'état et par les instances internationales dont c'est le rôle - elle est la seule réellement féministe, elle protège et défend la Gauche du Réel - elle défend l'école et ses valeurs d'égalité et d'accès pour tous au succès et à l'emploi - elle défend la formation et le dialogue social - elle est réaliste et applicable, dans ces temps de crise ce qui n'est pas négligeable - elle laisse autonomie et responsabilité aux citoyens tout en laissant à l'Etat jouer son rôle. Voici le texte in extenso de la Motion A
02 octobre 2008
Le ton juste de Moscovici
cJ’ai découvert avec amusement que les commentaires sur mon post au sujet de la crise financière internationale s’étaient transformés en forum de débat sur… le meeting de Ségolène Royal – ou plutôt sa « fête de la fraternité » - au Zénith. Ce glissement est sûrement, dans la période qui vient, inévitable : il faut sans doute que le Congrès du PS se déroule, que les passions s’expriment, avant qu’un vrai travail sur les idées ne devienne possible. Ce blog y sera donc largement dédié jusqu’en novembre. Mais il y a en vérité entre les deux questions – la réponse du politique à la crise et cet objet politique non identifié – un rapport indirect : quel est le ton juste pour la gauche, sous Sarkozy, dans ce moment de mutation ?
Un mot, d’abord, sur la « fête » elle-même. Je ne fais pas partie de ceux que Ségolène a épinglés, qui « s’éloignent gaiement » - je n’ai jamais été très proche d’elle, je suis plutôt moins lointain que jadis – qui « trahissent avec grâce » - ce n’est pas mon tempérament – ou qui « méprisent coquettement » - je peux avoir de la distance par rapport à sa conception de la politique et néanmoins l’observer avec intérêt. Mais à regarder les images de cette rencontre, je me suis dit que, vraiment, je n’y aurais pas eu ma place, je ne m’y serais pas senti à l’aise. La politique, pour moi, est toujours conviction – Ségolène n’en manque pas – mais aussi démonstration, cohérence, œuvre collective. Là, je n’ai pas trouvé mon compte dans cette affirmation très personnelle reprise avec ferveur - « je suis là, je serai là demain, rien ne me fera reculer sur le chemin que j’ai choisi », qui sonnait un peu comme un « quoi qu’il arrive » pas vraiment rassurant. La forme – déambulation sur une scène, posture charismatique, prompteurs donnant l’impression de l’improvisation et masquant une scénographie très travaillée – était celle de la politique américaine, le contenu était trop mince – il y avait beaucoup plus de substance dans le débat Obama-McCain que dans l’élégie du Zénith. Tout cela confirme mon sentiment, ambivalent, face au phénomène Royal : il est certes porteur d’une nouveauté, mais aussi souvent déroutant. C’est, fondamentalement, la raison pour laquelle je n’ai pas signé sa motion : elle n’est pas personnelle, comme je l’ai lu ici ou là de façon un peu désobligeante, mais bien politique. On peut, il faut faire une place à Ségolène Royal, le PS ne doit pas pour autant devenir un Zénith permanent.
Michel Rocard incarne une autre façon de répondre au sarkozisme. J’ai toujours eu une grande tendresse pour Michel, je l’ai toujours trouvé courageux, j’ai aimé son « parler vrai » face à certaines grosses ficelles de la gauche déclamatoire, il est souvent original, la plupart du temps paradoxal. C’est pourquoi je déteste l’acharnement facile dont il est l’objet – Jean-Christophe Cambadélis, qui fut comme moi proche de lui lors de son bref passage rue de Solférino, aurait pu s’abstenir de parler à son sujet d’un « faux pas » - et n’ai jamais participé à la « chasse au Rocard » dont certains au PS ont fait leur sport favori depuis tant d’années, moins encore quand il va vers le terme de sa vie politique. Je ne partage pas sa remarque sur le discours de Toulon de Nicolas Sarkozy, qui appartiendrait selon lui à une « droite réformatrice et intelligente » avec laquelle pourrait travailler une « gauche non-révolutionnaire », elle mérite autre chose que des invectives pour un homme qui contrairement à Besson, Bockel et d’autres, est resté toute sa vie fidèle à son parti. Peut-être Michel pensait-il à ce qui se passe aux États-Unis, où républicains et démocrates travaillent à un consensus sur le plan Paulson : ce n’est pas notre tradition. Peut-être aussi a-t-il davantage cru au discours du Président de la République qu’il ne s’est attaché à la réalité de sa politique – injuste, inefficace, à la fois rentière et libérale – qui est assurément tout sauf réformatrice ou réformiste, au sens que peut donner la gauche à ce beau mot. Je pense, au total, qu’il se trompe, mais de bonne foi : il n’est pas possible de travailler avec cette droite, il faut la combattre. Pour autant, il ne suffit pas qu’un mot soit prononcé par Nicolas Sarkozy pour qu’il soit stupide. À nous, donc, d’opposer à l’action du Chef de l’État une réfutation argumentée – comment, par exemple, peut-il oser parler de relance quand il met en œuvre un budget de rigueur, supprimant 30 000 emplois de fonctionnaires, quand il s’apprête à privatiser la poste, quand il laisse filer la dette publique, exploser tous les déficits sans aucun profit pour l’activité économique ? – mais aussi des propositions pour une croissance durable, équilibrée, innovante, restaurant la compétitivité de la France, pour une régulation internationale et européenne.
Tel est, selon moi, le ton juste. Celui d’une opposition résolue, ne cédant pas aux sirènes du sarkozisme, ne sacrifiant pas tout à l’image, mais travaillant avec rigueur, conviction et cohérence, avec ambition et réalisme, sans contradictions ni faux-semblant. C’est ce que je me suis efforcé de faire vivre avec « Besoin de gauche ». C’est ce que je crois pouvoir continuer à promouvoir aux côtés de Bertrand Delanoë, en conservant ma liberté de pensée et de parole.
01 octobre 2008
Présentation de la Motion A à la Fédération du 94
Cher camarade,
Hier soir se tenait, devant une centaine de personnes, la présentation de la Motion A (Delanoë-Moscovici) à la Fédération (94). Il s'en est suivi un débat fort intéressant, de fond où toutes les questions ont été abordées (Europe, crise financière, sociale, etc..) mais aussi des questions techniques relatives au congrès de Reims.
Dominique M